Carême 2017

Retraite en ligne avec sainte Élisabeth de la Trinité

Pour tous ceux qui n’auront pas la possibilité de se déplacer à Lisieux, nous vous proposons de vous préparer à Pâques avec sainte Elisabeth de la Trinité (1180- 1906), et de découvrir la nouvelle sainte du Carmel proche de sainte Thérèse. Inscriptions sur www.carmes-paris.org

Nous vous souhaitons un bon temps de Carême.

Élisabeth de Dijon et Thérèse de Lisieux

ste Elisabeth copyright200Une même époque, une même vocation religieuse, Thérèse Martin et Élisabeth de Dijon sont à la fois bien proches et bien différentes. Chacune reflète de manière personnelle et unique la grâce reçue de Dieu. Toutes deux demeurent des exemples car elles se sont laissées transformer par Dieu, elles se sont livrées à « son action créatrice » (Note Intime 15).

Lectrice d’Histoire d’une âme

Par une lecture attentive du Journal d’Élisabeth, le père Conrad De Meester montre par l’emploi de l’expression « Milles folies  » qui se trouve à la page 82 de la première édition d’Histoire d’une âme, qu’il est plus que vraisemblable qu’Élisabeth découvre ce livre en avril 1898. Elle a dix-neuf ans et désire ardemment entrer au Carmel. Nous ne savons pas si l’ouvrage lui a été offert ou si elle l’a acheté, mais le carmel de Dijon en était un ardent diffuseur et plusieurs exemplaires étaient proposés à la vente. Ses carnets de jeune fille portent d’ailleurs la trace de sa lecture car elle y recopie quatre textes de Thérèse : L’offrande à l’Amour Miséricordieux (Pri 6) et trois poèmes Dirupisti, Domine, vincula mea ! [Vous avez rompu mes liens, Seigneur] (PN 21), La volière de l’Enfant Jésus (PN 43) et Jésus seul (PN 36). Plus tardivement, elle copiera d’autres extraits : le billet que Thérèse portait sur son cœur le jour de sa profession, le récit de son entrée au Carmel, celui de sa première communion – moment si important également pour Élisabeth –, la découverte de la prière pour les prêtres, la réflexion de Thérèse sur la beauté des paysages suisses, et quelques brèves pensées.

Sœur Thérèse, une amie

La lecture de Thérèse encourage Élisabeth sur son propre chemin. Elle reprend des expressions thérésiennes, surtout dans son Journal, mais en fait, elle ne se met pas à l’école de Thérèse. Elle a déjà été enseignée et formée par le « Bien-Aimé de l’Eucharistie » (Poésie 47) ; elle est à l’écoute comme elle le proclame dans sa prière : « Ô Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire tout enseignable afin d’apprendre tout de vous  » (Note Intime 15). Elle a déjà creusé son propre sillon et puise dans la lecture de Thérèse ce qui l’aide à l’approfondir. Elle recopie ce qui la rejoint en profondeur et la dynamise dans sa propre course. Thérèse devient ainsi une amie, une sœur du Carmel dans le mystère de la communion des saints si cher à Élisabeth.

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Demandez l’intercession de sœur Thérèse

Dans une très belle lettre à Madame Angles, Élisabeth résume la mission de Thérèse et invite sa correspondance à demander son intercession : "Courage donc, Madame et chère sœur, je vous confie tout particulièrement à une petite carmélite morte à vingt-deux ans en odeur de sainteté qui se nommait Thérèse de l’Enfant-Jésus. Elle disait avant de mourir qu’elle passerait son ciel à faire du bien sur la terre ; sa grâce est de dilater les âmes, de les lancer sur les flots de l’amour, de la confiance, de l’abandon ; elle disait qu’elle avait trouvé le bonheur quand elle avait commencé à s’oublier. Voulez-vous l’invoquer chaque jour avec moi afin qu’elle vous obtienne cette science qui fait les saints, et qui donne à l’âme tant de paix et de bonheur !" (L 249). Élisabeth elle-même demandera une grâce à Thérèse et sera exaucée. Elle raconte à sa maman : « j’ai prié sœur Thérèse de l’Enfant Jésus, non pas de me guérir mais de me donner des jambes, et j’ai pu marcher. Si tu me voyais comme une bonne vieille courbée sur mon bâton, tu rirais bien » (L 295).

Sœur Thérèse déjà « sainte »

Dans la correspondance d’Élisabeth, nous voyons poindre la réputation de sainteté de Thérèse. Elle écrit à son amie Germaine de Gemeaux : « Je vous recommande à tous nos saints, et tout particulièrement à notre sainte Mère Thérèse et à sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus  » (L 172). Elle précise un peu plus tard : « C’est si bon d’être le petit enfant du bon Dieu, de se laisser porter par Lui tout le temps, de se reposer en son Amour ! Demandons bien cette grâce de simplicité et d’abandon à sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus ; le noviciat se prépare à sa fête du 30 par une neuvaine ; si vous voulez vous y unir, nous disons le Magnificat, selon le désir qu’elle avait elle-même exprimé à une Sœur d’un de nos Carmels ; je vous donne une grande intention en cette neuvaine » (L 179). Thérèse, Élisabeth, deux jeunes filles, deux carmélites, deux cœurs remplis d’amour pour le Christ Jésus, deux âmes désireuses de la Sainteté, elles se complètent merveilleusement pour nous entraîner « au sein des Trois » (L 304) en nous apprenant à « aimer Jésus et à le faire aimer » (LT 201).

Par Frère Didier-Marie Golay, Carme Déchaux Lisieux

Texte intégral publié dans la revue Thérèse de Lisieux n°974 de mars 2016

Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906) a été canonisée le 16 octobre 2016 par le Pape François