revue Thérèse de Lisieux n° 988 – juin 2017 édito « Je ferai pleuvoir des roses… »

Père Olivier Ruffray130

« Je ferai pleuvoir des roses… »

Le 14 juin 1877, sainte Zélie part avec ses filles aînées Marie, Pauline, Léonie en pèlerinage à Lourdes. « Nous devons nous mettre dans la disposition d’accepter généreusement la volonté du bon Dieu, quelle qu’elle soit, car ce sera toujours ce qu’il peut y avoir de meilleur pour nous » écrit-elle à sa fille Pauline (CF 204). Les plus petites, Céline et Thérèse restent à la maison avec leur papa saint Louis qui attend chaque jour, fébrilement, une missive de son épouse annonçant la guérison tant espérée et confiée aux suffrages de la Vierge Marie.

La nouvelle ne viendra jamais. Au terme d’un pèlerinage au voyage des plus chaotiques, Zélie ne trouvera pas la guérison. Lorsque le train ramène les pèlerines à Alençon, Louis « était heureux de nous revoir, bien que très triste ». Cependant, la gaieté de Zélie redonne « du courage et a remis la bonne humeur à la maison ». La curiosité des incrédules venus se renseigner ne l’atteint pas (CF 210).

Sainte Zélie ira jusqu’au bout de son pèlerinage. Elle comprend à Lourdes que beaucoup d’autres comme elle, sont malades : « J’ai vu beaucoup d’infirmes » (CF 209, CF 206). Elle partage leurs souffrances. Espérant la guérison de son cancer, elle comprend de l’intérieur que son chemin est autre. Elle fait sien le message de Notre-Dame de Lourdes et encourage Pauline : « La Sainte Vierge nous a dit à tous, comme à Bernadette : « je vous rendrai heureux, non pas en ce monde, mais en l’autre » » (CF 210). Elle soutient Louis et espère jusqu’au bout « avoir le temps d’élever mes enfants, et surtout cette pauvre Léonie, qui a si grand besoin de moi et qui me fait tant pitié » (CF 210). Puis elle se résigne apercevant déjà les portes du Ciel qui s’entrouvent pour l’accueillir (CF 216).

Au mois de juin 1897, vingt-ans plus tard, sainte Thérèse regarde aussi vers le Ciel. Par obéissance, elle rédige le Manuscrit C qui deviendra son testament spirituel. C’est le mois de l’attente. Le 9 juin, elle confie à Soeur Marie du Sacré-Cœur, après avoir entendu « Un trait de la vie de saint Louis de Gonzague : « Moi aussi, après ma mort, je ferai pleuvoir des roses » » (PO 1644).

En ce début d’été, portons dans la prière tous les pèlerins de Lourdes, de Lisieux, Alençon et d’ailleurs afin qu’ensemble nous allions au bout de notre pèlerinage sur la terre, dans la joie et l’espérance de nous savoir aimés et attendus, ici et maintenant déjà, par Notre Père de toute miséricorde.

Bel été avec la Vierge Marie Et tous les saints du Ciel,

Père Olivier Ruffray,
Recteur du Sanctuaire
Directeur du Pèlerinage

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