Lieux thérésiens

Les lieux imprégnés par le passage de Thérèse de Lisieux

La maison de la rue Labbey

Depuis le 12 février 1889 Louis Martin était interné à l’asile du Bon Sauveur de Caen pour maladie mentale. Devenu impotent et inoffensif, il peut revenir à Lisieux en 1892.

RueLabbeyFaçadeAvt200

La maison de la rue Labbey, façade arrièreAprès un passage au carmel pour revoir Marie, Pauline et Thérèse au parloir, on l’installe quelques semaines chez son beau frère Isidore Guérin, rue Paul Banaston.

Céline loue alors une maison juste à coté : au 7 rue Labbey où Louis vivra désormais au rez-de-chaussée. Louis habitera dans cette maison de 1892 à 1894, soigné par un couple de domestiques : Désiré et Marie Lejuif.

La maison de la rue Labbey donne sur un long jardin au fond duquel coule la rivière « la Touques » ; ce qui va permettre à Louis de passer de bons moments en regardant Tom le chien de Thérèse se baigner et s’ébrouer dans l’eau. rue LabbeyRuisseau180

C’est dans ce jardin et devant la maison que Céline et Léonie posent pour une dernière photographie avec leur père dans sa chaise de malade (chaise qui servira plus tard à Thérèse).

Photo de famille à la maison rueLabbey

Depuis 2008 une plaque a été posée sur la façade de la maison.

La tombe de Thérèse au cimetière de Lisieux

1re tombe de sainte ThérèseDepuis la loi qui, au milieu du XIXe siècle, ne permit plus aux Carmélites d’enterrer leurs défuntes au sein du jardin du monastère, un espace limité par un mur de brique surmonté d’une grille de fer constitue, au cimetière de Lisieux, ce qu’on appelle encore « l’enclos des Carmélites ». Parmi les tombes, deux emplacements se distinguent particulièrement.

Thérèse est inhumée au cimetière le 4 octobre 1897. Sa tombe est fort simple, creusée à même la terre : « Cette fosse fut creusée profondément parce que, par raison d’économie, on pensait pouvoir dans l’avenir placer d’autres cercueils au dessus du premier. Il y avait sur cette tombe une croix de bois, comme c’est l’usage pour les Carmélites, avec la simple inscription du nom « Soeur Thérèse de l’Enfant Jésus » et au-dessous cette phrase de la Servante de Dieu. « Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre ». (témoignage de sr Marie-Elisabeth de Ste-Thérèse, tourière, septembre 1911)

Le 6 septembre 1910, au début des Procès, les restes de Thérèse sont exhumés et déplacés. « On se proposait, dans cette translation, d’assurer la conservation des restes de la Servante de Dieu et la facilité de les retrouver plus tard. Mgr l’Evêque avait bien voulu me demander de reconnaître en ma qualité de médecin l’identité et l’état des restes. C’est à ce titre que j’ai signé le procès verbal d’exhumation. Le cercueil contenant ses restes a été renfermé dans un cercueil de plomb, et ce dernier dans un cercueil de chêne le tout muni de sceaux aux armes de Mgr Lemonnier et de Mgr de Teil Vice-Postulateur. Le tout a été déposé dans un petit caveau. » (Témoignage du Dr La Néele, ibid.)

Cimetière de LisieuxAu dessus de ce caveau, une croix de bois, portant la même inscription que la précédente. Les pèlerins y écrivaient au crayon leurs intentions. Malgré l’interdiction de culte, Thérèse n’étant pas encore béatifiée, certains ont fait brûler des cierges sur la tombe : « ces cierges ont une fois incendié une couronne de celluloïd qui se trouvait aux pieds de la croix, et cette croix de bois a été en partie brûlée. On l’a alors remplacée par une croix de fer et on a mis une inscription pour empêcher qu’on allume des cierges à l’avenir. » (Témoignage de M. Acard sacristain du Carmel, ibid.)

L’enclos des carmélites reste un lieu très « visité » aujourd’hui. L’emplacement de la première tombe est marqué par la première croix de bois, enchâssée dans une grande croix en verre et en métal. Le caveau quant à lui est surmonté par une statue de Thérèse. Il abrite les dépouilles de Soeurs proches de Thérèse, telle Marie de Gonzague ou sr Marie de la Trinité. C’est de ce caveau, le 26 mars 1923, que très solennellement, les restes de Thérèse seront à nouveau exhumés pour reposer définitivement dans la chapelle du carmel.

Les Buissonnets

Maison familiale de Sainte Thérèse

« L’affaire Pranzini »

Pranzini
Pranzini

Un triple meurtre est commis à Paris, le 17 mars 1887. Régine de Montille, 40 ans, sa femme de chambre Annette Grémeret, 38 ans, et la fille de cette dernière, Marie, âgée de 12 ans ont été égorgées, la plus jeune des victimes étant presque décapitée ! Le 21 mars, Henri Pranzini est arrêté. Cet aventurier français cultivé, âgé de 30 ans, à la vie mouvementée, est reconnu coupable de ce crime crapuleux, et condamné à la peine capitale. Tout le monde, bien sûr, entend parler de « cette affaire » d’autant plus que l’accusé ne manifeste aucun remords et proclame son innocence.

Croix aux Buissonnets devant laquelle Thérèse a prié pour Pranzini
Croix aux Buissonnets devant laquelle Thérèse a prié pour Pranzini

Thérèse, comme tout le monde, pense à ce « grand criminel qui venait d’être condamné à mort pour des crimes horribles ». Depuis la nuit de Noël 1886, Jésus a transformé sa vie : elle a alors senti « la charité entrer dans son cœur ». Elle comprend de plus en plus sa mission : se tenir « en esprit au pied de la Croix », y recueillir la Divine rosée du sang de Jésus pour « ensuite la répandre sur les âmes ».

Henri Pranzini sera le premier bénéficiaire de cette vocation missionnaire naissante… Car Thérèse a conscience de l’extrême danger où se trouve ce pauvre pécheur pour qui Jésus est mort, et qui risque bientôt d’être à jamais privé de la vie avec Dieu : « je voulus à tout prix l’empêcher de tomber en enfer ».

Thérèse priant pour Pranzini aux Buissonnets, aquarelle
Thérèse priant pour Pranzini aux Buissonnets, aquarelle

Pour cela, elle emploie « tous les moyens imaginables », et fait célébrer la Messe pour lui. Sa confiance est absolue : « je dis au Bon Dieu que j’étais bien sûre qu’Il pardonnerait au pauvre malheureux Pranzini, que je le croirais même s’il ne se confessait pas et ne donnait aucune marque de repentir, tant j’avais de confiance en la miséricorde infinie de Jésus, mais que je lui demandais seulement « un signe » de repentir pour ma simple consolation ».

Jésus « qui a soif d’amour » accorde le signe demandé : contre toute attente, juste avant d’être guillotiné, Henri demande à l’aumônier de lui tendre le crucifix qu’il embrasse trois fois. Thérèse lisant le récit dans le journal du 1er septembre, exulte de joie et de reconnaissance ! Henri sera son « premier enfant »…

A chaque messe, nous prions « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». Thérèse, apprends-nous, comme toi, à aimer Jésus et à le faire aimer.

Les Buissonnets

En novembre 1877, peu après le décès de Madame Martin à Alençon, la famille s’installe à Lisieux locataire de cette maison située un peu en dehors de la ville, sur la route de Pont-l’Evêque, dans la ruelle « Chemin du Paradis ». Thérèse y passera onze ans de sa vie jusqu’à son entrée au Carmel.

Louée par Louis Martin, la maison des Buissonnets fut acquise en 1909 par le cousin de Thérèse qui y logea des locataires successifs, certains tout dévoués à la cause de la jeune carmélite. A partir de 1911, la maison devint lieu de pèlerinage. En 1922, elle est acheté par la Société immobilière des pèlerinages. L’accueil y est toujours assuré par des particuliers jusqu’en 1931 où les Buissonnets sont confiés aux Oblates de Sainte-Thérèse.
Les soeurs accueillent les visiteurs, pèlerins et touristes tous les jours.
Les dons des visiteurs permettent l’entretien du jardin et de la maison.

La première impression qui s’empare du pèlerin, quand il entre aux Buissonnets, est une impression de calme. Dans ce cadre paisible, il se représente spontanément une Thérèse heureuse de vivre, entourée de l’affection de son père et de ses quatre sœurs.

Les Buissonnets
Les Buissonnets
Devant la maison

Thérèse explique elle-même, en racontant ses souvenirs d’enfance : « Ce fut avec plaisir que je vins à Lisieux…aux Buissonnets, c’est là que ma vie était véritablement heureuse  » .
Mais n’oublions pas tout de même qu’elle a qualifiée cette partie de sa vie qui va de quatre ans et demi à quatorze ans, comme « la période la plus douloureuse de mon existence ».

C’est, en effet, aux Buissonnets qu’elle a vécu l’entrée au Carmel de ses deux grandes sœurs qui avaient joué auprès d’elle le rôle de seconde maman après la mort de Madame Martin.

Il n’en reste pas moins que cette demeure entourée d’arbres, fut le « doux nid d’enfance » de la petite Thérèse et que la visite des différentes pièces nous permet d’imaginer quelques épisodes de son enfance et de son adolescence :

  • La cheminée de la cuisine qui évoque la grande grâce de Noël 1886, décisive dans son évolution humaine et spirituelle.
  • La salle à manger, témoin du repas de sa première communion et du dernier repas avant son entrée au Carmel.
  • La chambre où elle fut guérie par le sourire de la Vierge le dimanche 13 mai 1883.
  • Enfin dans la dernière pièce sont exposés ses objets familiers : jouets. bijoux, vêtements
  • Quant à la statue du jardin, elle évoque le jour de Pentecôte 1887 où Thérèse demanda à son père la permission d’entrer au Carmel.
  • A partir du 15 janvier 2017 compris, la maison sera fermée
    • le dimanche matin (toute l’année)

Elle reste ouverte aux visiteurs le dimanche après-midi.

  • Les Horaires
  • du lundi de Pâques (16 avril 2017) au 2è dimanche des Fêtes Thérésiennes (8 octobre 2017) :
    • 10h-12h30 / 13h30-18h
  • en octobre à partir de la clôture des Fêtes Thérésiennes ( 9 octobre 2017) :
    • 10h-12h30 / 13h30-17h
  • de novembre à février :
    • 10h-12h / 14h-16h
  • en mars (jusqu’à Pâques inclus) :
    • 10h-12h30 / 13h30-17h
  • Fermeture en matinée :
    • le jeudi 25 mai (Ascension), le 15 août (Assomption) et le 1er novembre (Toussaint) ; ouvert les après-midis)
  • Fermeture annuelle du 19 novembre (16h) au lundi 18 décembre (10h)

Horaires du Sanctuaire

vidéo des buissonnets

visite virtuelle des Buissonnets, maison familiale de sainte Thérèse

Au jardin des Buissonnets…

Thérèse a vécu entourée d’animaux : son cher Tom, bien sûr, l’épagneul fidèle qui faisait la joie de la petite fille des Buissonnets et qui franchit un jour la clôture du Carmel pour sauter dans les bras de sa maîtresse devenue novice, mais aussi des lapins, des poules, des vers à soie, un agneau, une pie…

Pour la deuxième année consécutive, ces animaux ont pris leurs quartiers d’été au détour des plates-bandes du jardin des Buissonnets. On pourra les trouver tour à tour jolis, drôles, kitsch même… ou les trois à la fois, peu importe ! Ils permettent de découvrir des anecdotes méconnues de la vie de Thérèse.

Chaque animal est accompagné d’un panneau où figure un texte de Thérèse ou d’un membre de sa famille. Placés à hauteur d’enfant, ces textes, parfois purement anecdotiques, sont aussi souvent l’occasion de découvrir un message dont toute famille pourra faire son profit !

A découvrir absolument !

P.S. : comme il est désormais d’usage, nous tenons à préciser qu’aucun animal n’est ou ne sera maltraité pendant la saison : ils sont en plâtre !

"Comme les petits oiseaux apprennent à chanter en écoutant leurs parents, de même les enfants apprennent la science des vertus, le chant sublime de l’Amour Divin, auprès des âmes chargées de les former à la vie.

Je me souviens que parmi mes oiseaux, j’avais un serin qui chantait à ravir, j’avais aussi un petit linot auquel je prodiguais des soins « maternels », l’ayant adopté avant qu’il ait pu jouir du bonheur de sa liberté. Ce pauvre petit prisonnier n’avait pas de parents pour lui apprendre à chanter, mais entendant du matin au soir son compagnon le serin faire de joyeuses roulades, il voulut l’imiter… Cette entreprise était difficile pour un linot, aussi sa douce voix eut-elle bien de la peine à s’accorder avec la voix vibrante de son maître en musique. C’était charmant de voir les efforts du pauvre petit, mais ils furent enfin couronnés de succès, car son chant tout en conservant une bien plus grande douceur fut absolument le même que celui du serin.

O ma Mère chérie ! c’est vous qui m’avez appris à chanter… c’est votre voix qui m’a charmée dès l’enfance, et maintenant j’ai la consolation d’entendre dire que je vous ressemble !!! Je sais combien j’en suis encore loin, mais j’espère malgré ma faiblesse redire éternellement le même cantique que vous !…" Thérèse, Manuscrit A 53r°

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La Vierge du Sourire

Sourire de la Vierge en 1883« belle, si belle que jamais je n’avais rien vu de si beau  »
C’est ainsi que Thérèse décrit la statue de la sainte Vierge en mai 1884. Elle est posée sur une commode, près du lit où la petite fille de 11 ans souffre depuis des semaines d’une « étrange maladie » : « Ne trouvant aucun secours sur la terre, la pauvre petite Thérèse s’était aussi tournée vers sa Mère du Ciel, elle la priait de tout son cœur d’avoir enfin pitié d’elle… Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n’avais rien vu de si beau, son visage respirait une bonté et une tendresse ineffable, mais ce qui me pénétra jusqu’au fond de l’âme ce fut le « ravissant sourire de la Ste Vierge ». Alors toutes mes peines s’évanouirent. » Ms A 30v

Et voilà comment cette statue reçut le nom de Vierge du Sourire.

Avant cet épisode raconté par Thérèse, cette statue avait déjà toute une histoire…

Procession de la Vierge du SourireParis, 1734. Le curé de St-Sulpice commande à un jeune sculpteur prometteur, Bouchardon, des statues pour son église, dont une Vierge en argent. Les paroissiens donnent leur argenterie, le prêtre, dit-on, n’accepte les dîners qu’à condition de partir avec les couverts… d’où ce surnom de Notre-Dame de Vieille-Vaisselle donné à la statue. Fondue sous la Révolution avide du précieux métal, elle est remplacée en 1832 par une reproduction plus petite, dont notre « Vierge du Sourire » est une copie en plâtre.

Elle fut offerte au jeune Louis Martin par une vieille dame d’Alençon fort pieuse et confiante de trouver en lui une personne digne d’accueillir un tel présent. Célibataire, Louis la place dans son Pavillon où il se retire pour lire et prier. Après son mariage, la statue devient le centre de la prière familiale. On l’entoure de fleurs pendant le mois de Marie. Souvent Zélie se tourne vers la Sainte Vierge et confie avoir reçu « des faveurs que moi seule connais  ». Aux Buissonnets, la statue conserve une place prépondérante.

La statue « entre au Carmel » apportée par Céline en 1894. Elle est placée à l’entrée de la cellule de Thérèse. On lit en première page de l’Histoire d’une Âme : «  Avant de prendre la plume, je me suis agenouillée devant la statue de Marie, je l’ai suppliée de guider ma main afin que je ne trace pas une seule ligne qui ne lui soit agréable. »

La Vierge du SourireC’est encore sous les yeux de Marie, sous les traits de cette même statue, que Thérèse vivra ses dernières semaines, à l’infirmerie du carmel.

Bientôt je l’entendrai cette douce harmonie
Bientôt dans le beau Ciel, je vais aller te voir
Toi qui vins me sourire au matin de ma vie
Viens me sourire encor… Mère… voici le soir !…

poésie 54 , Pourquoi je t’aime ô Marie

VSourChasseR230La statue se trouve aujourd’hui au Carmel, au dessus du tombeau de Thérèse.

Les étrennes de Noël chez les Martin

Noël !… Temps des cadeaux !… Des jouets pour les enfants !… Chaque année, le rituel des fêtes apporte son lot de présents, d’étrennes,… qui font le bonheur surtout des plus petits.

Ainsi en a-t-il été chez les Martin. Chaque fin d’année voyait arriver la caisse de cadeaux, toujours témoin de la générosité des oncle et tante Guérin de Lisieux qui ne manquaient pas de gâter leurs petites nièces au comble de la joie !

Voici quelques extraits tirés de l’abondante correspondance de Zélie Martin, trésor qui nous livre de nombreux détails sur la vie et l’ambiance au sein de la famille. Ils en sont une bonne illustration et parlent d’eux-mêmes.

13 janvier 1867 - A sa belle-sœur, Mme Guérin

« (…) Je vous remercie beaucoup des jolis cadeaux que vous avez envoyés à mes petites filles. Vous dire le plaisir qu’ils ont causé n’est pas chose facile. A l’ouverture de la malle, c’étaient de tels cris de joie que mon pauvre père en était étourdi. Après les cris de joie sont venues les larmes, elles pleuraient toutes les quatre à laquelle le plus fort. Les petites voulaient ce que les grandes avaient. On a eu bien du mal à faire la paix. Il a fallu que bon papa se fâche et menace de reprendre tous ces beaux jouets, mais elles lui ont dit que ce n’était pas lui qui les donnait, que c’était leur tante et qu’il ne pouvait les ôter. (…) »

12 janvier 1868 – A sa belle-sœur

SteThDinetteBuissR250« J’ai reçu votre lettre ainsi que la caisse renfermant les étrennes des enfants.(…) Quand j’ai vu déballer tout cela, il y en avait quatre qui… riaient bien fort… Aujourd’hui, nous avons eu fort à faire avec toutes ces belles choses ; il y a eu exposition des jeux et une dînette complète pour étrenner le joli ménage en porcelaine ; cela a duré près de deux heures. Les enfants n’ont jamais eu autant de plaisir, Pauline disait ce soir : « Oh ! que c’est dommage que la journée soit finie, je voudrais être encore à ce matin ! »(…) »

17 janvier 1871 – A sa belle-sœur

SteThPoupéeBuissR230 "(…) Je vous remercie mille fois des belles étrennes que vous avez envoyées aux enfants, c’est beaucoup trop pour cette année si malheureuse. La petite Céline a été émerveillée de sa poupée et de sa boîte. Cela s’est parfaitement trouvé car elle était bien souffrante avec des rougeurs par tout le corps et une fièvre terrible depuis quatre jours. (…) Marie et Pauline ont colorié des images toute la journée et se sont passablement disputées pour cette fameuse boîte de peinture ; l’une disait : « C’est à moi. » L’autre répondait : « C’est à moi aussi, ma tante a dit que je m’en serve. » Mais Pauline qui est si vive perdait les pinceaux, mettait trop de couleurs ; pour en finir, j’ai ramassé la boîte jusqu’à nouvel ordre. (…) »

28 décembre 1871 – A son frère

"J’ai reçu hier, la caisse contenant les étrennes, je ne puis te dire que j’ai été contente, parce que je mentirais. J’ai trouvé que tu avais dépensé au moins la moitié plus qu’il ne le fallait (…) Cependant Léonie était comme folle de joie, elle en tremblait. La petite Céline ouvrait de grands yeux. Elle était tout interdite, et est restée ainsi, longtemps, stupéfaite, serrant son lapin dans ses bras. Quand on lui a dit que c’était sa marraine qui lui envoyait cela, ainsi que la belle robe, elle a repris d’un ton de regret : « La connais pas, moi, ma marraine… Elle est mignonne, dis ? » (…) »

24 décembre 1874 – A sa belle-sœur

« J’ai reçu hier la caisse contenant toutes les belles et bonnes choses que vous m’annonciez.(…) Vous avez toujours rendu Thérèse et Céline bien heureuses. Quand le père a déballé les jouets, j’aurais voulu que vous voyiez surtout Thérèse ! On lui avait dit : « Il y a de beaux jouets là-dedans, que la tante de Lisieux envoie. » Elle battait des mains. J’appuyais sur la caisse pour aider mon mari à la défaire, elle jetait des petits cris angoissés en me disant : « Maman, tu vas casser mes beaux jouets ! » Elle me tirait par ma robe pour me faire cesser. Mais quand elle a vu sa jolie petite maison, elle est restée muette un moment, c’est une enfant qui se frappe vivement. Céline a été aussi enchantée ; elle s’amusera beaucoup avec son jeu de cubes, mais elle n’est pas contente que sa petite sœur lui abîme ses jouets, ce qui l’oblige à les ramasser. Elle a un soin de ses affaires comme on le voit chez peu d’enfants, et elle préfère ne pas s’en servir que de les exposer à être brisés. Léonie est aussi fort satisfaite de son chapelet, qui est très beau. Puisque vous vouliez donner des étrennes à Marie et à Pauline, vous ne pouviez mieux choisir pour leur faire plaisir, car combien de fois ne m’ont-elles pas dit qu’elles désiraient un sac de voyage, que toutes leurs compagnes en avaient, exceptés elles. Je les laissais dire, car je n’achète que les choses nécessaires, et comme elles pouvaient s’en passer, je ne jugeais pas à propos de les contenter ; mais je vois ici leur bonheur.(…) »

5 décembre 1875 – A sa fille Pauline

SteThJeudeCubesBuissR250« (…)Voilà Céline qui s’amuse avec la petite au jeu de cubes, elle et Thérèse se disputent de temps en temps. Céline cède pour avoir une perle à sa couronne. Je suis obligée de corriger ce pauvre bébé, qui se met dans des furies épouvantables quand les choses ne vont pas à son idée, elle se roule par terre comme une désespérée croyant que tout est perdu, il y a des moments où c’est plus fort qu’elle, elle en est suffoquée. C’est une enfant bien nerveuse, elle est cependant bien mignonne et très intelligente, elle se rappelle tout. »

9 janvier 1876 – A sa belle-sœur

« Je suis sûre que vous n’êtes pas contente de moi ; je suis restée trop longtemps sans vous remercier de belles étrennes que vous avez envoyées, et qui ont été accueillies par de tels cris de joie, que j’en ai pris ma tête à deux mains et en ai souffert jusqu’au soir. Avec cela, des ouvrières m’attendaient ; vous n’avez pas idée de ce tumulte ! Il n’y avait que Marie à ne pas faire de bruit ; c’est la seule raisonnable. Elle était ravie de son petit coffret, qu’elle a mis en parade dans sa chambre, avec tout ce qu’elle a de bijoux. Pauline faisait un tapage d’enfer avec sa belle papeterie et dansait de joie à en démolir le plancher. Léonie ne faisait pas grand éclat ; elle s’amusait à tourner et retourner son sac, paraissant très satisfaite de son lot. Céline trépignait de bonheur devant son « nécessaire ». Et Thérèse ! Il fallait la voir !… Sa fortune était faite ! elle ne désirait plus rien en ce monde. Elle s’amuse constamment avec sa jolie voiture. Enfin, je vous remercie sincèrement et je voudrais pouvoir aussi vous faire plaisir.(…) »

Tom, le toutou de Thérèse

NicheTomBuissonnetsR130Thérèse aime les animaux, la nature comme aujourd’hui en témoigne aux visiteurs, le jardin des Buissonnets. Elle élève des oiseaux dans sa chambre et dans un coin du jardin, des poules et des lapins.

TomRecR150L’année de sa première communion, Thérèse demande à son père de lui acheter un chien. Tom, un bel épagneul, arrive aux Buissonnets le 26 juin 1884, date que Thérèse note avec soin sur son petit carnet.

Thérèse est si contente que le premier jour elle s’installe sur une chaise, en face de sa niche. Tantôt elle contemple tantôt elle apprend devant lui ses leçons. Pour sûr, Thérèse passe des heures à le dresser et à le promener.

Un jour, Thérèse le sauve d’une maladie : « Ma chère petite Léonie, (…) je me rappelle très bien l’histoire de Tom, je le vois encore couché mourant dans la buanderie et Thérèse lui donnant du bifteck en sauce par bouchées cachant un peu de pain sous la viande comme on ferait à un enfant malade. Je n’avais pas pensé à regarder ce fait comme extraordinaire c’est pourtant vrai que c’est elle qui l’a échappé de la mort. » Lettre de Soeur Geneviève de la Sainte Face, 24 octobre 1911

Tom fait désormais partie intégrante du décor aux Buissonnets et du cadre de vie familial si bien que Thérèse écrit le 15 octobre 1885 à son père : « Voilà déjà trois semaines que tu nous as quittées. Trois c’est bien long pour ta petite fille quand elle est séparée de toi.(…) Nous désirons toutes que tu reviennes le plus tôt possible, je suis sûre que Tom est de mon avis car il s’ennuie de ton absence et je suis sûre qu’à ton arrivée il se prépare à remuer de la queue à la manière du chien de Tobie et à te fêter avec des bonds joyeux.(…) »

A son entrée au Carmel, Thérèse raconte : « Le matin de ce grand jour, après avoir jeté un dernier regard sur les Buissonnets, ce nid de mon enfance… » Sans doute, Tom a dû faire partie de ce dernier regard de Thérèse qui lui aura certainement prodigué une dernière fois toute sa tendresse.

L’album photos témoigne du bonheur paisible de Tom au sein de la famille.

TomenFamille copier

Après l’entrée de Thérèse au Carmel, le chien est amené une fois au parloir du Carmel, où il bondit sur la grille pour essayer de rejoindre sa petite maîtresse.

Enfin, il y a cet épisode en octobre 1889, où l’on raconte qu’au moment du transfert des meubles des Buissonnets au Carmel en vue de la résiliation toute proche du bail, Tom qui suit le convoi, reconnaît sa maîtresse et court jusqu’à elle pour se blottir sous son voile, ne contenant plus sa joie. Alors un flot de souvenirs envahit le cœur de Thérèse et des larmes brillent dans ses yeux tant son émotion est grande !

D’ailleurs, elle n’est pas la seule… Soeur Marie du Sacré-Cœur fait également part de sa vive émotion dans une lettre à Céline en octobre 1889 : « Ma petite Céline, C’est sans doute pour ta fête que le bon Dieu te fait dépeupler ainsi les Buissonnets… (…) O petite chérie, quand j’ai vu ce déménagement, c’est vieux restes des Buissonnets qui me rappelaient mille souvenirs et le pauvre Tom suivant derrière les voitures, je n’ai pu m’empêcher de pleurer.(…) » Tom Céline copier

Personne ne sait ce qu’est devenu Tom… Combien de temps est-il resté chez les Guérin, après la mort de Monsieur Martin et l’entrée de Céline au Carmel, le 14 septembre 1894.

Toujours est-il que la fidélité attachante de Tom ou de tout chien envers son maître, en fait indéniablement une belle création du bon Dieu !

Laurence Fafchamps
Je dédie cet article à Monseigneur Guy Gaucher, à toutes les Soeurs Oblates que j’ai connues aux Buissonnets, ainsi qu’aux Pères Missionnaires de la Plaine de cette même époque.

Travaux aux Buissonnets

Pendant le mois de fermeture des Buissonnets, des travaux ont été effectués en vue d’améliorer l’accueil des pèlerins :

A l’arrière

Création d’un plan incliné pour accéder aux chambres.

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Au rez-de-chaussée et à l’étage

Remplacement des vitres pour améliorer la visibilité de la salle à manger et de la chambre de Monsieur Martin.

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Egalement

  • réfection de deux plafonds dans les chambres
  • et installation d’un radiateur moins large dans le couloir entre les chambres pour permettre le passage des personnes en fauteuil roulant.

La Cathédrale Saint-Pierre

La Cathédrale Saint-Pierre

La Cathédrale Saint-Pierre intéresse le visiteur par son architecture et son histoire : elle est l’un des joyaux de l’art gothique normand, tout en nous rappelant que Lisieux fut le siège d’un évêché jusqu’en 1790.

C’est à l’évêque Arnoult, ami du Roi Louis VI et conseiller du duc de Normandie, que l’on doit la construction de la cathédrale actuelle. Il l’entreprit à partir de 1149, au retour de la seconde croisade où il avait accompagné le Roi de France.

La Cathédrale fut partiellement détruite par un incendie en 1126 ; la tour nord s’effondra en 1554 ; en 1793, les cloches partirent à la fonderie et la cathédrale devint le siège des fêtes révolutionnaires. Rendue au culte en 1802, elle fut épargnée, comme l’ensemble de l’ancien palais épiscopal (l’actuel palais de justice) lors des bombardements de 1944.

Notons au passage, que le siège épiscopal de Lisieux fut occupé, de 1432 à 1442, par Mgr Pierre Cauchon, collaborateur des occupants anglais ; il venait, l’année précédente, de faire condamner Jeanne d’Arc à être brûlée vive comme hérétique.

Mais c’est à un autre titre qu’elle intéresse le pèlerin de Lisieux : elle est le lieu où Thérèse a le plus participé à la vie de l’Eglise locale pendant sa jeunesse. C’est, en effet, à la cathédrale que, pendant plus de dix ans, Thérèse s’est rendue, tous les dimanches et souvent en semaine, avec son père et ses sœurs, pour participer à l’Eucharistie. Dans le déambulatoire sud, une statue moderne de Lambert-Rucky marque l’emplacement où Thérèse assistait à la grand-messe du dimanche. En semaine, c’est dans la chapelle absidiale, édifiée par Pierre Cauchon qu’elle assistait à la messe. Dans le déambulatoire nord, près du portail, se trouve la chapelle où l’abbé Ducellier, alors vicaire, entendit la première confession de Thérèse.

L’abbé Ducellier

Né le 14 novembre 1849 à Chicheboville (diocèse de Bayeux), il fut ordonné prêtre en 1874.

PhAbbéDucellierToujours disponible pour les besoins du ministère, il eut un apostolat très mouvementé ; partout il se fit remarquer par son entier dévouement à l’Église et aux âmes.

Il exerça le saint ministère d’abord à titre de vicaire à Saint Gervais de Falaise (1874-1877).

PhCathédraleR150Vicaire à Saint-Pierre de Lisieux de 1877 à 1884, il était un ami de la famille Martin et eut l’honneur d’entendre la première confession de Thérèse Martin à peine âgée de sept ans ; il fut son confesseur jusqu’à son entrée à l’Abbaye des bénédictines comme demi-pensionnaire. Thérèse avait pour lui une affection spéciale.

PhConfessionnalR130Dans « l’Histoire d’une âme », Thérèse raconte avoir reçu la visite de son confesseur à qui elle venait de se confesser pour la première fois, peu de temps auparavant. Elle était fière d’accueillir aux Buissonnets son confesseur qui regarda ses devoirs.

Pauline, sa mère chérie, l’avait préparée avec soin à sa confession, lui expliquant que ce n’était pas à un homme qu’elle allait dire ses péchés, mais au Bon Dieu. C’est donc avec un grand esprit de foi qu’elle fit sa confession et garda un doux souvenir de ce moment de joie. Elle ne manqua pas de le raconter dans les écrits sur son enfance : «  …Je fis ma confession comme une grande fille et je reçus sa bénédiction avec une grande dévotion, car vous m’aviez dit qu’à ce moment les larmes du petit Jésus allaient purifier mon âme. (…) Jamais je n’avais senti autant de joie dans mon âme.  »

L’abbé Ducellier prêcha à la prise d’habit de Pauline, sa fille spirituelle, comme aussi, plus tard, à la prise d’habit et à la prise de voile de Céline.

En 1884, il fut curé de Mathieu (dans la banlieue de Caen). Puis, curé-doyen de Trévières dès 1892. Il était resté en relation avec la famille Martin. Et le 30 juillet 1897, Thérèse pensait à lui avec délicatesse : « Ne dites pas à monsieur Ducellier que je n’en ai plus que pour quelques jours ; je ne suis pas encore faible à mourir, …  » (DE 30.7.13).

En 1899, il revint à Lisieux où il fut archiprêtre de Saint-Pierre.

Il mourut le 20 décembre 1916, à la fin de l’année au cours de laquelle il avait pu témoigner aux deux Procès thérésiens.

3 mai 1911 - Voici quelques extraits :

« Quand j’étais vicaire de Saint Pierre de Lisieux (1877-1884), j’eus l’occasion de connaître la famille de la Servante de Dieu ; mais, à vrai dire, je ne connus guère que son père, monsieur Martin, et ses deux soeurs aînées, mesdemoiselles Marie et Pauline, dont j’étais le confesseur. La Servante de Dieu à mon arrivée n’avait que quatre ans et demi, et elle avait 11 ans quand je quittai Lisieux. Lorsqu’elle eut sept ans, je l’entendis à sa première confession. Après, elle devint pensionnaire à l’Abbaye des bénédictines à Lisieux. Depuis que je suis revenu à Saint Pierre de Lisieux comme curé archiprêtre (1899), j’ai pu observer ce que l’on dit dans la ville, touchant la Servante de Dieu. J’ai lu en partie l’« Histoire d’une âme », mais je n’en ferai pas état dans ma déposition. »

« J’ai bien connu monsieur Martin : c’était, par excellence, un homme de foi, très loyal et aux sentiments élevés. Il me l’a bien montré en particulier à l’occasion de l’entrée de ses filles en religion. Certainement il souffrait de ces séparations, et pourtant il paraissait joyeux. »

« La première éducation de la Servante de Dieu a été surtout faite par sa seconde soeur, Pauline. Au point de vue religieux, cette éducation a été aussi parfaite qu’elle peut l’être. Cette enfant était très aimée de son père et de ses soeurs, mais je suis persuadé que cette affection ne nuisait en rien à sa formation. C’est à cette époque (1880) que j’entendis la première confession de la Servante de Dieu, alors âgée de sept ans. Je la voyais aussi avec toute sa famille chaque dimanche aux offices de la paroisse. J’ai gardé l’impression que la petite Thérèse était une âme très pure. très pieuse, craignant grandement d’offenser le bon Dieu dans les moindres choses. »

« Outre les témoignages très nombreux reçus chaque jour au Carmel et dont on tient note dans le monastère, je puis attester par mes observations personnelles que la réputation de sainteté de la Servante de Dieu s’est établie, d’une manière générale, parmi les fidèles de ma paroisse et de la ville. Dans toutes les classes de la société on se recommande à elle, pour obtenir par son intercession des grâces temporelles et spirituelles. »

« J’ai une vraie dévotion pour la Servante de Dieu, je l’invoque tous les jours ; je désire et j’espère sa béatification, parce que je suis convaincu de sa sainteté et de la puissance de son intercession. »

7 février 1916

Sa déposition est bien pauvre. Ce prêtre vénérable rapporte, comme déjà au Procès Ordinaire, la première confession de Thérèse. Son témoignage relatif à la famille Martin, dont il était l’ami intime, a une grande valeur : « Je puis dire de cette famille, ce qui d’ailleurs est notoire dans cette ville, que c’était une famille admirablement chrétienne et qui faisait l’édification de tout le monde »

Sources : Ecrits de Thérèse et archives du Carmel de Lisieux

Le bas-relief de la Crucifixion - chapelle de la Vierge

La chapelle absidiale de l’église est dédiée à la Sainte Vierge. Elle a été construite à l’instigation de Pierre Cauchon, évêque de Lisieux à partir de 1432, mais surtout connu pour avoir, l’année précédente, présidé le tribunal qui condamna Jeanne d’Arc à Rouen. A sa mort en 1442, il est enterré dans cette chapelle.

Du temps de Thérèse, et encore aujourd’hui, la chapelle de la Vierge est le lieu de la célébration des messes en semaine. Thérèse et sa famille y assistent souvent.

En 1887, Thérèse, 14 ans, se rend notamment dans cette chapelle pour prier pour la conversion du criminel Pranzini. Le bas-relief à gauche de l’autel l’a peut-être aidée dans sa démarche : il représente Jésus en croix, entouré des deux bandits crucifiés en même temps que Lui. Saint Luc écrit dans son Evangile qu’au larron qui Le reconnaît, Jésus a dit : « aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Luc 23, 43). La prière de Thérèse n’a pas pour but d’attendrir le cœur de Dieu, qu’elle sait déjà plein d’amour et de miséricorde, mais de faire en sorte que celui du condamné s’ouvre à cette miséricorde : « je dis au Bon Dieu que j’étais bien sûre qu’Il pardonnerait au pauvre malheureux Pranzini, que je le croirais même s’il ne se confessait pas et ne donnait aucune marque de repentir, tant j’avais de confiance en la miséricorde infinie de Jésus, mais que je lui demandais seulement « un signe » de repentir pour ma simple consolation… ». Pranzini, avant de tendre son cou au couteau de la guillotine, embrasse la Croix du Christ. « J’avais obtenu « le signe » demandé […] Quelle réponse ineffablement douce !… Ah ! depuis cette grâce unique, mon désir de sauver les âmes grandit chaque jour ».

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Monsieur l’Abbé Révérony

1836-1891

Vicaire général de Bayeux depuis 1878, il assiste à la visite de Thérèse à l’évêché le 31 octobre 1887. Thérèse raconte :

Nous allâmes directement chez Mr Révérony qui était instruit de notre arrivée ayant lui-même fixé le jour du voyage, mais il était absent (…). Après nous être reposés, nous retournâmes chez Mr Révérony. (…) Il se montra très aimable, mais je crois que le motif de notre voyage l’étonna beaucoup ; après m’avoir regardée en souriant et adressé quelques questions, il nous dit : je vais vous présenter à Monseigneur, voulez-vous avoir la bonté de me suivre. Voyant des larmes perler dans mes yeux il ajouta : Ah ! je vois des diamants… il ne faut pas les montrer à Monseigneur !… Il nous fit traverser plusieurs pièces très vastes, garnies de portraits d’évêques ; (…) Monseigneur se promenait entre deux prêtres sur une galerie, je vis Mr Révérony lui dire quelques mots et revenir avec lui, nous l’attendions dans son cabinet, là, trois énormes fauteuils étaient placés devant la cheminée (…) Mr Révérony voulut me faire prendre celui du milieu, je refusai poliment, mais il insista, me disant de montrer si j’étais capable d’obéir, aussitôt je m’assis sans faire de réflexion et j’eus la confusion de le voir prendre une chaise pendant que j’était enfoncée dans un fauteuil où quatre comme moi auraient été à l’aise (…).

Monseig. me demanda s’il y avait longtemps que je désirais entrer au Carmel : - Oh oui ! Monseigneur, bien longtemps… - Voyons, reprit en riant Mr Révérony, vous ne pouvez toujours pas dire qu’il y a 15 ans que vous avez ce désir. - C’est vrai, repris-je en souriant aussi, mais il n’y a pas beaucoup d’années à retrancher car j’ai désiré me faire religieuse dès l’éveil de ma raison et j’ai désiré le carmel aussitôt que je l’ai bien connu parce que dans cet ordre je trouvais que toutes les aspirations de mon âme seraient remplies.(…) Sans tenir compte de la recommandation de Mr Révérony je fis plus que montrer des diamants à Monseigneur, je lui en donnai !…(…) Mr Révérony voulut nous accompagner jusqu’au bout du jardin de l’évêché, il dit à Papa que jamais chose pareille ne s’était vue : Un père aussi empressé de donner son enfant au Bon Dieu que cette enfant de s’offrir elle-même !

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C’est aussi lui qui présida le pèlerinage diocésain à Rome en novembre 1887…

Monsieur l’abbé Révérony examinait soigneusement toutes nos actions, je le voyais souvent de loin qui nous regardait ; à table lorsque je n’étais pas en face de lui, il trouvait le moyen de se pencher pour me voir et entendre ce que je disais. Sans doute il voulait me connaître pour savoir si vraiment j’étais capable d’être carmélite, je pense qu’il a dû être satisfait de son examen car à la fin du voyage il parut bien disposé pour moi, mais à Rome il a été loin de m’être favorable comme je vais le dire plus loin.

C’est lui qui, le 20 novembre 1887, présenta les pèlerins à Léon XIII.

Après la messe d’action de grâces qui suivit celle de Sa Sainteté l’audience commença. (…) Avant de pénétrer dans l’appartement pontifical j’étais bien résolue à parler, mais je sentis mon courage faiblir en voyant à la droite du St Père ‘Mr Révérony’ !…’ Presque au même instant on nous dit de sa part qu’il défendait de parler à Léon XIII, l’audience se prolongeant trop longtemps… ’Très Saint-Père, lui dis-je, en l’honneur de votre jubilé, permettez-moi d’entrer au Carmel à 15 ans…’ L’émotion avait sans doute fait trembler ma voix, aussi se retournant vers Mr Révérony qui me regardait avec étonnement et mécontentement, le St Père dit : Je ne comprends pas très bien. - Si le Bon Dieu l’eût permis il eût été facile que Mr Révérony m’obtint ce que je désirais, mais c’était la croix et non la consolation qu’Il voulait me donner. - Très Saint-Père c’est une enfant qui désire entrer au Carmel à 15 ans, mais les supérieurs examinent la question en ce moment. (…) les deux gardes-nobles me touchèrent poliment pour me faire lever ; voyant que cela ne suffisait pas, ils me prirent par les bras et Mr Révérony leur aida à me soulever (…)

A la petite ville d’Assise, Thérèse obtint le privilège de monter dans la voiture de Mr Révérony, ce qui ne fut accordé à aucune dame pendant tout le voyage. Après avoir terminé de visiter le monastère de Sainte Agnès, Thérèse se retrouva soudain toute seule à son grand étonnement. Il ne restait que la voiture de Mr Révérony. Thérèse se décida après hésitation à y demander une place. Or la calèche de Mr Révérony qui était garnie des messieurs les plus distingués du pèlerinage et pas moyen de trouver une place tout était complet. Finalement un monsieur très galant lui céda sa place. Thérèse raconte : J’étais loin d’être à mon aise entourée de tous ces grands personnages et surtout du plus redoutable en face duquel j’étais placée… Il fut cependant très aimable avec moi, interrompant de temps en temps sa conversation avec les messieurs pour me parler du Carmel. (…) Une autre fois je me trouvai à côté de lui en omnibus, il fut encore plus aimable et me promit de faire tout ce qu’il pourrait afin que j’entre au Carmel…

Mr Révérony joua donc un rôle d’arbitre entre le Carmel et M. Delatroëtte pour l’admission de Thérèse.

Sources : Ecrits de Thérèse et archives du Carmel de Lisieux

Le Carmel de Lisieux

Visitez bientôt le carmel de Thérèse !

Depuis 18 mois, il n’y a pas que des carmélites au carmel de Lisieux ! Ce ne sont pas des pèlerins qui arpentent le célèbre cloître mais des couvreurs, des électriciens, des maçons, des peintres,… Le carmel de Thérèse avait bien besoin d’eux : ses 150 ans commençaient à se faire gravement sentir. Toitures, façades, fenêtres et portes, tout fut réparé ou refait à l’identique, et aujourd’hui les bâtiments du carmel ont retrouvé la splendeur (bien simple, à la vérité) que Thérèse a connue.

Vous l’imaginez, ce ne fut pas toujours une partie de plaisir pour nos sœurs : outre le bruit, la poussière, et les retards inhérents à tous travaux, elles ont vu leur tranquille clôture bouleversée par l’arrivée des ouvriers, au demeurant fort respectueux. Et qui leur permirent quelques découvertes : sœur Marie nous raconte par exemple l’admiration des sœurs devant l’extraordinaire coup de main des couvreurs qui coupent les ardoises et les posent au clou : « un vrai travail d’artiste, c’est aussi beau que de voir jouer un musicien ! »

Si nos carmélites ont ainsi supporté un an et demi de désagréments, c’est que le carmel de Thérèse devait bien évidemment être sauvegardé. Pour retrouver au mieux l’esprit du carmel d’origine, les sœurs ont fait appel à un architecte des monuments historiques qui les a aidées à prendre les bonnes décisions, comme cacher au maximum le réseau électrique, ou enlever tous les éléments qui s’étaient rajoutés au fil des années. Des travaux d’une telle ampleur et qualité préparent l’avenir : pas de doute, quand Thérèse reviendra au jugement dernier, elle retrouvera son carmel tel qu’elle l’a laissé. Tout cela n’a bien sûr été possible que grâce à l’aide des donateurs que nos sœurs remercient de tout cœur.

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Tous ces beaux travaux ne profiteront-ils qu’aux habitants du Ciel et du carmel ? C’est compter sans la générosité et l’ouverture d’esprit de nos sœurs, qui travaillent depuis des mois à vous proposer une visite… virtuelle. Tous les thérésiens rêvent d’entrer dans le carmel de Thérèse, de marcher sur ses pas dans le cloître, prier avec elle dans sa cellule, à l’infirmerie,… Mais il vaut mieux que des carmélites continuent à vivre la vie de Thérèse au carmel plutôt que d’en faire un musée, ne croyez-vous pas ?

Aussi les carmélites ont-elles imaginé cette solution : proposer un pèlerinage dans leur carmel par internet. La visite, dont la réalisation s’étalera sur plusieurs mois, commencera ce mois-ci sur www.carmeldelisieux.fr !

Le Carmel de Lisieux

Origine de l’ordre du Carmel

Sur le Mont Carmel, en Terre Sainte, près de l’actuel Haïfa, se trouvent des grottes où vécurent des ermites dans la tradition spirituelle du Prophète Elie.

Au XIIIe siècle, des frères ermites se regroupèrent en tant que « frères de la vierge Marie » sous une règle commune. Le Carmel était né.

Au XVIe siècle en Espagne, Thérèse d’Avila et Jean de la Croix réformèrent profondément le carmel, le simplifiant en l’axant sur la prière contemplative, le travail dans la solitude d’une clôture stricte, la vie fraternelle. Des petits « déserts » priant pour le salut du monde.

Le Carmel de Lisieux

Carmel de LisieuxLe Carmel de Lisieux fut fondé en 1838. Lorsque Thérèse Martin y entra le 9 avril 1888, il s’y trouvait vingt-six sœurs (âge moyen 47 ans).

On y priait 6 h 30 dans le chœur des religieuses (dont 2 h d’oraison), on y travaillant pour gagner sa vie (pauvrement), 2 heures de récréation commune. Les jeûnes y étaient sévères. On se levait à 5h45 même en hiver. On se couchait vers 23 heures.

Un Carmel missionnaire

C’est dans un Carmel authentiquement missionnaire qu’entrait la future « patronne des missions ». Le Carmel de Lisieux avait en effet fondé à Saigon, en 1861, le premier Carmel d’Extrême-Orient.

La semence partie de Lisieux devint féconde, puisque de multiples Carmels germèrent bientôt en Extrême-Orient. De Saïgon sortirent : Hanoï (Tonkin), Pnom-Penh (Cambodge) et, par eux, successivement : Hué (Annam), Bui-Chu (Tonkin), Ilo-Ilo (Philippines), Bang-Kok (Siam), Manille (Philippines), Thanh-Hoa (Tonkin), Yunnan-Pu (Chine) et Singapour (Malacca).

C’est dans cette atmosphère missionnaire que Thérèse a vécu. Si elle n’était pas tombée malade en 1896, elle serait certainement partie pour le Tonkin.

Thérèse Martin est entrée au Carmel de Lisieux qui devait être, pour elle, « le désert où le Bon Dieu voulait qu’elle aille se cacher », elle y venait pour « sauver les âmes et surtout afin de prier pour les prêtres ».

La chapelle du Carmel

En franchissant le seuil de la chapelle du Carmel, le pèlerin se trouve en communion avec Sainte Thérèse, qui y vécut du 9 avril 1888 au 30 septembre 1897. Il peut aussi s’unir à la prière communautaire des carmélites.

La chapelle est celle que connut Thérèse, même si, au fil des années, elle a subi des modifications successives : comme par exemple en 1923, adjonction de la chapelle de la Châsse et de la nef latérale.

tombeau de sainte ThérèseDans la chapelle de la Châsse, le pèlerin peut vénérer les restes de la Sainte : quelques ossements sont insérés dans le gisant représentant Thérèse sur son lit de mort ; la presque totalité des reliques est renfermée dans un coffret placé en dessous de la Châsse. Chaque année, le dernier dimanche de septembre, a lieu l’ostension de ces reliques à travers la ville.

Au-dessus de la Châsse est placée la statue de la Vierge, celle-là même qui, le 13 mai 1883, aux Buissonnets, guérit la petite Thérèse par « son ravissant sourire ».

Depuis les travaux, on accède à la chapelle par un parcours d’intériorité (espace musée) qui permet d’approfondir le message de sainte Thérèse à travers objets, photos, audiovisuels.

Franchir la porte de la cellule de Thérèse

Le Carmel de Lisieux n’est pas un musée, mais un lieu de vie, de silence, de prière. Il est de ce fait tout à fait compréhensible que les lieux tels que les a habités la petite soeur Thérèse de l’Enfant-Jésus, de 1888 à 1897, aient connu quelques modifications…

Voici comment Thérèse, dans ses Manuscrits (A 69 v°), relate ses premières impressions à son entrée au monastère, le 9 avril 1888 :

« Comme toutes les postulantes je fus conduite au chœur aussitôt après mon entrée ; il était sombre à cause du St Sacrement exposé et ce qui frappa d’abord mes regards, furent les yeux de notre sainte mère Geneviève qui se fixèrent sur moi ; je restai un moment à genoux à ses pieds remerciant le bon Dieu de la grâce qu’Il m’accordait de connaître une sainte et puis je suivis la mère Marie de Gonzague dans les différents endroits de la communauté ; tout me semblait ravissant, je me croyais transportée dans un désert, notre petite cellule surtout me charmait, mais la joie que je ressentais était calme, le plus léger zéphyr ne faisait pas onduler les eaux tranquilles sur lesquelles voguait ma petite nacelle, aucun nuage n’obscurcissait mon ciel d’azur… ah ! j’étais pleinement récompensée de toutes mes épreuves… Avec quelle joie profonde je répétais ces paroles : “C’est pour toujours, toujours que je suis ici !…” »

Si des lieux majeurs sont demeurés intacts (le chauffoir, le réfectoire, la salle du chapitre, la dernière cellule de Thérèse et bien sûr l’infirmerie…), d’autres ont connu des transformations selon les réorganisations et les besoins de la communauté. Tel est le cas des deux premières cellules de Thérèse. De son entrée en 1888 au printemps 1893, elle occupe une cellule au dessus du réfectoire, donnant sur l’arrière du jardin et des bâtiments de travail.

Depuis février 2013, la porte de cette première cellule, démontée lors des récents travaux, est désormais au centre de l’espace d’exposition du Carmel.

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On peut, à la suite de Thérèse, franchir cette porte, marcher sur le carrelage qui pavait le couloir distribuant les cellules et ainsi accéder à la partie de l’exposition dédiée à la vie des Soeurs.

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la première cellule de Thérèse entrouverte sur le couloir -  voir en grand cette image
la première cellule de Thérèse entrouverte sur le couloir
« notre petite cellule surtout me charmait » -  voir en grand cette image
« notre petite cellule surtout me charmait »

Pour voir l’emplacement de la première cellule de Thérèse et d’autres photos du Carmel au temps de Thérèse, consultez le magnifique site des archives : http://www.archives-carmel-lisieux.fr/carmel/index.php?option=com_content&view=article&id=12284&Itemid=162

La prise d’habit de Thérèse

La fin de l’année 1888 est un moment de grande attente chez Thérèse, en vue de sa prise d’habit.

L’obstacle principal est l’état de santé de Monsieur Martin. Comme il n’est pas bien, on décide de repousser la cérémonie. « Contre toute espérance, notre Père chéri se remit de sa seconde attaque et Monseigneur fixa la cérémonie au 10 janvier 1889. »

Prise d'habit de Thérèse en images - Carmel de Lisieux
Prise d’habit de Thérèse en images - Carmel de Lisieux

Pour Thérèse, ce fut une grande fête : ThPriseHabitAvMEnt250

  • avec la présence de « son Roi chéri, jamais il n’avait été plus beau, plus digne… Ce jour fut son triomphe, sa dernière fête ici-bas… Je le compare à l’entrée de Jésus à Jérusalem, le jour des Rameaux… Comme celle de Notre divin Maître, sa gloire d’un jour fut suivie d’une passion douloureuse… »
  • avec la présence de la neige « j’avais toujours désiré que le jour de ma prise d’habit, la nature fut comme moi, parée de blanc… » En regardant les flocons, Thérèse pense : « quel est donc le mortel, si puissant fut-il, qui puisse en faire tomber du ciel pour charmer sa bien-aimée. » Devant l’incompréhension des personnes du monde, devant ces flocons de neige, Thérèse fait ressortir encore davantage « l’incompréhensible condescendance de l’Epoux des vierges, de Celui qui chérit les Lys blancs comme la NEIGE. »
  • ThPriseHabitSsMEnt250avec la bonté paternelle de l’évêque à son égard : « il disait à tout le monde que j’étais sa ’petite fille’. » Thérèse note ce qui n’était pas prévu : « A la fin de la cérémonie, Monseigneur entonna le TE DEUM… Un prêtre essaya de faire remarquer que ce cantique ne se chantait qu’aux professions, mais l’élan était donné et l’hymne d’action de grâces se continua jusqu’au bout. »

Grande fête en effet et qui va se poursuivre à l’intérieur de la vie de Thérèse : « Depuis ma prise d’habit, j’avais reçu d’abondantes lumières sur la perfection religieuse… » Manuscrit A 74 r

Pochette de tissu (fermée et ouverte) confectionnée dans la robe de prise d'habit de Thérèse et peinte par cette dernière - Carmel de Lisieux
Pochette de tissu (fermée et ouverte) confectionnée dans la robe de prise d’habit de Thérèse et peinte par cette dernière - Carmel de Lisieux

Le frère Siméon

1814-1899

Ph02FrSiméonR250Le frère Siméon est frère des Ecoles Chrétiennes.

Au Collège français de Rome, il accueille volontiers ses compatriotes : il reçoit monsieur Martin en septembre 1885 et en novembre 1887 lors de son voyage à Rome avec Thérèse.

Thérèse raconte : « Quelques jours après l’audience du Saint Père, (…) Papa raconta l’histoire de sa Reine au frère Siméon, le véritable vieillard écouta son récit avec beaucoup d’intérêt, en prit même des notes et dit avec émotion : ‘On ne voit pas cela en Italie !’ Je crois que cette entrevue fit très bonne impression à Monsieur Révérony ; dans la suite il ne cessa de me prouver qu’il était enfin convaincu de ma vocation. » (Manuscrit A, 64)

C’est le frère Siméon qui transmet la bénédiction du pape à Thérèse le 31 août 1890 pour sa profession, comme elle s’en souvient dans « Histoire d’une âme » :

« Quelques jours avant celui de ma profession, j’eus le bonheur de recevoir la bénédiction du Souverain Pontife ; je l’avais sollicitée par le bon Frère Siméon pour Papa et pour moi et ce me fut une grand consolation de pouvoir rendre à mon petit Père chéri la grâce qu’il m’avait procurée en me conduisant à Rome. » (Manuscrit A, 76)

Ph01FrSiméonR250Quelques années plus tard, le 27 janvier 1897, elle lui écrira un courrier de reconnaissance pour la bénédiction du Saint Père qu’il a obtenue pour le Carmel à l’occasion des noces d’or de la doyenne de leur communauté : soeur Saint-Stanislas. Elle en profite aussi pour prendre des nouvelles sur sa santé.

« Je suis heureuse de me joindre à ma soeur Geneviève pour vous remercier de la précieuse faveur que vous avez obtenue à notre Carmel (…)
Un sentiment de tristesse s’est mêlé à ma joie en apprenant que votre santé avait été ébranlée, aussi je demande de tout mon cœur à Jésus de prolonger le plus longtemps possible votre vie si précieuse à l’Eglise.(…) J’ose espérer, Très Cher Frère, que je serai du nombre de ces heureuses âmes qui auront part à vos mérites, je crois que ma course ici-bas ne sera pas longue… (…) Vous voyez que jamais vos petites carmélites ne pourront vous écrire sans réclamer quelque faveur et sans faire appel à votre générosité !!!…
Monsieur le Directeur, vous êtes si puissant pour nous sur la terre, vous nous avez obtenu tant de fois déjà la bénédiction de notre Saint Père Léon XIII que je ne puis m’empêcher de penser qu’au Ciel le Bon Dieu vous donnera une puissance bien grande sur son Cœur. Je vous supplie de ne pas m’oublier près de Lui si vous avez le bonheur de Le voir avant moi… »
(Lettre 218)

Sources : Ecrits de Thérèse et archives du Carmel de Lisieux

Le Jésus de Thérèse

Dans un escalier donnant sur le cloître du carmel de l’Incarnation, soeur Thérèse de Jésus, plus connue sous le nom de Thérèse d’Avila, tombe nez à nez avec un enfant qui lui demande :

« Comment t’appelles-tu ?
Je suis Thérèse de Jésus, répond la sainte toute surprise.
Et moi, reprend l’enfant avec un grand sourire, je suis Jésus de Thérèse. »

Dans l’héritage que la réformatrice du carmel laissa à ses filles, il y eut donc, entre autres, une dévotion particulière à l’Enfant Jésus.

Enfant Jesus cloitre Carmel de LisieuxQuatre siècles plus tard, une petite fille de dix ans rêve du carmel, et d’y porter le nom de « Thérèse de l’Enfant-Jésus ». La contemplation de l’enfance du Christ est au cœur de la spiritualité thérésienne : Thérèse y découvre l’amour infini de Dieu pour elle (« Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit… je l’aime !… car Il n’est qu’amour et miséricorde ! » LT266) mais également le modèle de sa petite voie, appelée aussi « voie de l’enfance spirituelle ».

Comment Thérèse se représentait-elle cet Enfant Jésus qu’elle ne cessait de contempler ? Bien souvent, sans doute, sous les traits de la statue dont vous découvrez ici la photo.

Cloître Carmel de LisieuxCette statue se trouvait à son époque, et siège d’ailleurs toujours, dans le cloître du carmel de Lisieux, près de l’entrée de la clôture. Elle accueillit donc Thérèse le jour de son entrée au monastère, mais aussi, nous raconte-t-elle, le jour de sa prise d’habit : « La première chose que j’aperçus sous le cloître, fut « mon petit Jésus rose » me souriant au milieu des fleurs et des lumières » (MsA,72v). Si Thérèse use du possessif, c’est qu’elle était chargée de le fleurir et de l’entretenir.

On la découvre ainsi au détour d’une photo de communauté en train de repeindre ce petit Christ pour lequel elle avait une affection particulière. Régulièrement, Thérèse lui apportait des fleurs, allumait à ses pieds des bougies. A travers ces petits actes, elle accomplissait ce qu’elle ne cesse de nous recommander : « L’unique chose nécessaire C’est de t’aimer, Enfant Divin. » (PN42) CtéClRécréation

Le Père Pichon

Né le 3 février 1843 à Carrouges. Il entre dans la compagnie de Jésus le 30 octobre 1863 et est ordonné prêtre le 8 septembre 1873. Docteur en théologie, il enseigna la philosophie durant bien des années puis s’adonne à la prédication de retraites avant de partir comme missionnaire au Canada pendant 21 ans.

PhPichon02R250Il vient prêcher une retraite à Lisieux en 1882. C’est alors qu’il devient le directeur spirituel de Marie Martin, et ensuite de toute la famille.

En mai 1888, il prêche la retraite communautaire au Carmel à l’occasion du cinquantenaire de sa fondation. Au dernier jour, Thérèse a l’occasion de s’ouvrir à lui au confessionnal et le père dit à la jeune postulante, au terme de sa confession : « En présence du bon Dieu, de la Sainte Vierge et de tous les Saints, je déclare que vous n’avez jamais commis un seul péché mortel. » (Manuscrit A, 70r)

Cette affirmation solennelle est une grande consolation pour Thérèse qui l’apaise de ses scrupules. Elle l’explique : « Le bon père me dit encore ces paroles qui se sont doucement gravées en mon cœur : ’Mon enfant, que Notre-Seigneur soit toujours votre Supérieur et votre Maître des novices’.

Le P. Pichon repartit pour le Canada le 3 novembre 1888 pour ne revenir en France qu’en 1907. Thérèse correspond avec lui.

PhPichon01R250De la quarantaine de lettres que Thérèse écrivit au Père Pichon, aucune n’a été conservée, pas même celle qu’elle lui adresse en juillet ou août 1897 pour laquelle elle dit : « Toute mon âme était là. » Dans cette lettre-confidence, il s’agit en fait d’un commentaire du psaume du Bon Pasteur.

Le 4 juillet 1897, elle dit au sujet du Père Pichon : « Il me traitait trop comme une enfant ; cependant il m’a fait du bien aussi en me disant que je n’ai pas commis de péché mortel » - DEA 4-7-1897

Le P. Pichon qui demeure toujours plus en contact avec le Carmel de Lisieux meurt à Paris le 15 novembre 1919 (VT 1967 et 1968).
Il donne son témoignage le 25 et 26 janvier 1911. En voici quelques extraits :

« Vers 1880 ou 1881 je vins à Lisieux prêcher une retraite à l’usine Lambert. Mademoiselle Marie Martin, soeur aînée de la Servante de Dieu, vint me parler des affaires de sa conscience, et à cette occasion je nouai avec toute cette famille des relations qui n’ont plus jamais cessé. J’étais en correspondances fréquentes avec tous les enfants ; plusieurs fois j’ai été reçu aux Buissonnets (résidence de monsieur Martin) et [544v] j’ai aussi reçu à Paris et ailleurs plusieurs visites des uns et des autres. J’ai été à diverses reprises confesseur et conseiller de la Servante de Dieu. Pour ma déposition, (…) j’ai seulement fait appel à mes souvenirs personnels.

Je n’ai pas connu la mère de la Servante de Dieu ; on disait dans la famille que c’était une sainte. Quant à monsieur Martin, il m’a paru être un chrétien très fervent et très surnaturel. Il voyait tout au point de vue du bon Dieu ; on eût dit un religieux égaré dans le monde. Le milieu familial où a grandi la Servante de Dieu, était tout imprégné de foi et de piété.

La Servante de Dieu fut élevée dans sa famille sans aucune fréquentation mondaine. Ses soeurs, qui lui servaient de mère, l’élevaient avec beaucoup de soin et de délicatesse ; elle reçut donc une éducation des plus chrétiennes. Ce qui m’a beaucoup frappé dans cette enfant, ce fut sa simplicité, son ingénuité et son innocence. Elle était très aimée de son père et de ses sœurs… Mais ce qui est particulièrement remarquable dans une enfant de cet âge, c’est qu’elle s’oubliait entièrement, ne se prévalant d’aucun de ses avantages. Elle était timide et réservée ; ne se mettait jamais en avant. Au début de son noviciat, je donnai une retraite au Carmel de Lisieux. Dans les relations de direction que j’eus alors avec elle, je fus particulièrement frappé de ce que, contrairement aux apparences, le bon Dieu ne lui prodiguait pas les douceurs d’une piété affective, mais l’exerçait à une vertu solide en la conduisant par la voie des sécheresses, des privations et des épreuves intérieures. Jamais ces épreuves ne se trahissaient par un extérieur triste et préoccupé, elle les supportait avec une sérénité et une égalité d’humeur inaltérables.

Cette enfant m’a paru d’une vertu absolument exceptionnelle, surtout au point de vue de l’humilité et de l’oubli d’elle-même, rapportant tout à Dieu. Jamais je n’ai pu surprendre en elle la moindre défaillance, le moindre découragement, le plus léger fléchissement de la volonté dans la pratique de la perfection.

Pour ce qui est du Canada où j’ai séjourné 21 ans, je puis attester que la Vie de soeur Thérèse y est plus connue et plus appréciée qu’en France ; non seulement toutes les communautés religieuses, mais toutes les personnes pieuses instruites et le clergé, lisent et relisent son livre Histoire d’une âme.

Un autre fait significatif c’est le très grand nombre de vocations religieuses que l’étude de cette vie a fait éclore : que de jeunes religieuses m’ont dit : « C’est soeur Thérèse qui m’a attirée vers le cloître !. »

Pour l’Autriche, la Bohème, la Hongrie et l’Italie que je viens de parcourir en donnant des retraites, j’ai constaté le merveilleux rayonnement de cette petite âme, dont le renom de sainteté est dans tous les cœurs, même parmi les personnes du monde. Au sujet des causes de cette diffusion absolument extraordinaire du renom de sainteté et de l’influence surnaturelle de la Servante de Dieu, je dirai que cela me paraît inexplicable sans une intervention exceptionnelle du bon Dieu."

Sources : Ecrits de Thérèse et archives du Carmel de Lisieux

Les Armoiries de Thérèse

En 1896, Thérèse a dessiné ses « Armoiries » à la fin de son premier Manuscrit, avec le titre « Armoiries de Jésus et de Thérèse ». Mariée au Seigneur par sa profession de carmélite, elle s’appelle Thérèse de l’Enfant-Jésus de la sainte Face. En deux blasons, elle exprime cette union d’amour.

BlasonThérèseIR200Le premier blason représente Jésus comme le signifient les lettres JHS : Jesus Salvator Hominum, Jésus Sauveur des hommes. Représentant l’Enfant-Jésus qui dort et la Sainte Face, Thérèse unit - comme la spiritualité de son temps aimait à le faire - le Mystère de l’Incarnation et le Mystère Pascal : « Le propre de l’amour étant de s’abaisser », le Fils de Dieu est descendu du Ciel pour mourir et ressusciter pour notre salut. Un rameau de vigne unit les deux dessins, car Thérèse n’a qu’un désir : s’offrir telle une petite grappe de raisin pour réjouir son époux et étancher sa « soif d’amour ». Elle est aussi la harpe qui veut chanter sans cesse pour lui.

BlasonThérèseIIR200Le second blason représente Thérèse : FMT, Marie-Françoise Thérèse. Elle est cette petite fleur exposée aux rayons de Marie, l’étoile du matin. Sous le regard de la Trinité représentée par un triangle, elle s’offre à l’Amour en aspirant au martyre, représenté par la palme et la lance. Un dard unit les deux dessins : c’est le « dard enflammé de l’amour » dont elle veut brûler sans cesse. En le dessinant, elle a probablement pensé à la blessure d’amour ressentie le 14 juin 1895, après son offrande à l’Amour miséricordieux.

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Les deux blasons sont unis par une devise : « L’amour ne se paie que par l’amour ». Aux tendresses de son époux qui l’a aimée à la folie, Thérèse veut aussi répondre par des « folies »… Elle veut vivre « dans l’unique but de lui faire plaisir et de lui sauver des âmes qui l’aimeront éternellement ».

Ainsi se réalise le mariage de Jésus et Thérèse. C’est une alliance d’amour scellée dans un désir sans cesse renouvelé de s’aimer et de se ressembler au point de devenir un. Seul l’Amour peut réaliser ce Mystère…

Les Armoiries de Thérèse nous invitent à entrer dans la Petite Voie qu’elle a vécue : « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même »… puisque « l’amour ne se paie que par l’amour ».

Mémorial Sainte-Thérèse

« L’Association des Amis de Thérèse et du Carmel de Lisieux » œuvre bénévolement depuis plus de 10 ans aux côtés du Carmel.

A vocation culturelle, elle mobilise des moyens financiers et humains qui ont permis, en premier lieu, la remise en état du Carmel historique : celui de Thérèse. Cette tâche s’est terminée en 2012 avec succès.

Le 6 février 2015, date de l’inauguration du « Mémorial Sainte-Thérèse », représente une étape importante pour nous. Mais il y avait déjà un musée, direz vous. C’est vrai. Cependant ce qu’a fait le groupe de travail comprenant une guide du pèlerinage c’est beaucoup plus.

Vous êtes accueillis par Thérèse et vous cheminez à travers sa vie de famille, celle de carmélite, ses écrits, les témoignages mondiaux, sa reconnaissance de Sainte et Docteur de l’Eglise… Alors s’impose à vous le formidable modernisme de son message « Je compris que l’Amour était tout, qu’il est Eternel, j’ai trouvé ma vocation, c’est l’Amour ».

Inauguration du « Mémorial Sainte-Thérèse », Carmel de Lisieux le 6 février 2015
Inauguration du « Mémorial Sainte-Thérèse », Carmel de Lisieux le 6 février 2015

C’est une magnifique réalisation et nous sommes heureux d’y avoir participé. Nous vous encourageons vivement à prendre le temps d’y aller !

L’association s’implique également dans ce qui favorise le rayonnement de Thérèse et de son œuvre.

  • Citons la réalisation d’une exposition de tableaux photographiques intitulée « Thérèse ou la Brûlure d’Amour » qui circule en France et à l’étranger : vous pouvez souvent la voir à la Cathédrale de Lisieux.
  • Nous avons aussi produit un film de témoignages actuels à travers le monde, son titre « 12 Témoins racontent » qui a été diffusé dans 23 pays et le DVD est actuellement disponible.

Tout ne peut être cité mais notre Lettre aux Amis, semestrielle, vous renseignera complètement.
www.carmeldelisieux.fr

La Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux

La Basilique Sainte Thérèse de Lisieux

L’idée d’ériger une basilique à Lisieux en l’honneur de celle qui venait d’être canonisée en 1925, rencontra bien des oppositions dans le clergé local. La ville possédait déjà de nombreux édifices religieux ; on estimait d’autre part que le culte de Thérèse, favorisé par la piété des poilus durant la guerre de 1914-1918, n’aurait qu’un temps.

Basilique sainte-Thérèse de lisieuxCes objections n’ont pas arrêté l’évêque d’alors, Mgr Lemonnier. Dès 1925, il chargeait un architecte de Paris d’établir un avant-projet. Mais l’édifice proposé suscita de très nombreuses critiques ; à l’étranger notamment, on en trouvait les proportions exiguës et on estimait que, pour la Sainte la plus aimée du monde, il fallait la plus belle basilique possible.

On demanda alors un nouveau projet à un architecte du nord de la France, Monsieur Louis-Marie Cordonnier, dont la réputation était internationale.

Le Pape Pie XI, qui avait canonisé Thérèse le 17 mai 1925, la considérait comme l’Etoile de son pontificat. Il désirait vivement la construction à Lisieux d’un sanctuaire. Ce désir du Pape contribua à réduire les oppositions locales, et le 21 septembre 1927, Mgr Lemonnier approuvait le plan Cordonnier. Mgr Suhard, qui devait succéder à Mgr Lemonnier quelques mois plus tard, ne revint pas sur la décision de son prédécesseur, et les premiers travaux commencèrent en 1929.

Le 30 septembre 1929, les travaux sont suffisamment avancés pour que la première pierre de l’édifice puisse être posée. Dès lors, la basilique se construit à un rythme accéléré. En novembre 1929, Pie XI fait savoir à Mgr Suhard qu’il faut « faire très grand, très beau, et le plus vite possible ! »

  • superficie totale : 4 500 m2
  • hauteur du dôme : 90 m
  • longueur de la basilique : 104 m

Le 11 juillet 1937, au terme du onzième Congrès Eucharistique National, le Cardinal Pacelli, futur Pape Pie XII, procède à la bénédiction solennelle de la basilique.

La basilique a peu souffert des bombardements de juin 1944, et les travaux d’achèvement (vitraux et mosaïques) ont continué jusqu’au 11 juillet 1954, date à laquelle eut lieu la consécration du sanctuaire par Mgr Martin, archevêque de Rouen, sous la présidence du Cardinal Feltin, légat du Pape.

La basilique supérieure

Les jours d’affluence, 3 000 pèlerins peuvent prendre place sur les bancs de la basilique et suivre sans difficulté les cérémonies qui se déroulent dans le sanctuaire : aucune colonne n’arrête le regard.

Basilique sainte-Thérèse de lisieuxLes autres jours, les pèlerins aiment s’attarder sur les mosaïques et les vitraux qui ont été réalisés dans les ateliers de Pierre Gaudin (1908-1973), un artiste formé dans les ateliers d’art sacré dirigés par Maurice Denis et Georges Desvallières. A leur école, Pierre Gaudin a retrouvé la grande tradition des maîtres-verriers du Moyen Âge : jouer avec la couleur des vitraux pour créer une lumière qui favorise le recueillement… Il suffit qu’il y ait un peu de soleil pour que les vitraux de Pierre Gaudin donnent à la basilique une ambiance particulièrement chaleureuse. Néanmoins, sous l’influence de l’abbé Germain, premier recteur du sanctuaire, l’artiste ne céda point à son attirance pour l’art abstrait : sans faire de ses vitraux des tableaux de verre (comme les verriers du XIXe siècle), il conçut un projet figuratif, donnant ainsi à tous les pèlerins la possibilité de découvrir, à travers son œuvre, l’essentiel du message de Thérèse.

La crypte

Basilique sainte-Thérèse de lisieuxLa crypte est entièrement recouverte de marbre et de mosaïques.

En 1958, la décoration fut complétée par la pose de cinq mosaïques représentant les étapes importantes de la vie de Thérèse : le baptême de Marie Françoise Thérèse Martin à l’église Notre-Dame d’Alençon, le 4 janvier 1873 ; la première communion de Thérèse à l’abbaye bénédictine de Lisieux, le 8 mai 1884 ; la guérison miraculeuse de Thérèse aux Buissonnets en la fête de Pentecôte, le 13 mai 1883 ; la profession de Thérèse, le 8 septembre 1890 ; la mort de Thérèse, le 30 septembre 1897.

La crypte abrite le reliquaire des Bienheureux Louis et Zélie Martin, parents de sainte Thérèse.

La chapelle d’adoration

Basilique sainte-Thérèse de lisieuxSi une église est faite pour la participation à la liturgie, elle est aussi faite pour le recueillement. La chapelle d’adoration dont l’accès se fait par la crypte, permet de prier dans le silence et la paix.

  • Le mur de droite est celui de la crypte dont les arcades de granit rappellent que l’on se trouve toujours dans la Basilique ;
  • Les bancs sont ceux que l’on a connus naguère dans la chapelle du Carmel ;
  • L’autel est taillé sur le même modèle que celui du Carmel ;
  • Au-dessus du tabernacle qui rappelle également celui du Carmel : l’icône de la Trinité.

Le campanile

Resté inachevé, le campanile abrite les 51 cloches. La sonnerie de volée est composée de 6 cloches dont la plus grosse, le bourdon (9 000 kg) porte sa devise en bronze :« Je sonne l’appel des peuples à l’unité dans l’Amour »

Des ritournelles sont jouées aux heures et changent selon les périodes liturgiques.

Doté de 51 cloches, le carillon de la Basilique de Lisieux, totalement chromatique et d’une grande qualité sonore, figure désormais parmi les plus beaux d’Europe.

Album photo de la Basilique Sainte-Thérèse

Vidéo de la Basilique Sainte Thérèse

Jacques Fesch

Jacques Fesch, a été condamné à mort, suite au meurtre d’un policier en 1954. En priant en cellule, il retrouve la foi grâce entre autre à sainte Thérèse.

PhJacquesFeschR100Voilà ce qu’il dit de sa petite soeur du ciel :
"J’avais reçu une image de la petite Thérèse de l’Enfant Jésus. Je lui ai parlé comme à une petite sœur. Je lui disais, ce qu’elle disait à ses petits frères au ciel : « Si vous étiez sur terre, vous n’hésiteriez pas à m’aider de tout votre cœur, maintenant que vous êtes au ciel, vous pouvez le faire encore beaucoup plus facilement, alors je compte sur vous »."

PhJacquesFesch02Il poursuivra plus tard en disant :
"D’ailleurs durant son vivant, elle a sauvé l’âme d’un condamné à mort par ses prières et en était tout heureuse. Moi ma vie c’est pareil. Moi aussi, « Je suis un tout petit et ai besoin de la pluie de roses qu’elle a promise à ceux qui l’invoqueraient."

Ce qui a attiré Jacques Fesch chez sainte Thérèse c’est sa petite voie, sa confiance, son zèle. Il la trouvait jolie cette petite sainte, et proche de lui. Par sa petite voie, il s’élevait. Le milieu carcéral de l’époque était très difficile et il a gardé courage grâce à la confiance thérésienne.

Il a été exécuté le jour même de la fête de sainte Thérèse, le premier Octobre. Une manière à elle de l’accompagner en Paradis ! Plus qu’une coïncidence : Thérèse avait offert sa vie pour sauver Pranzini, coupable d’un triple meurtre et repenti avant son exécution. Jacques Fesch est mort à 24 ans comme sa petite soeur du ciel.

Le « Bestiaire » de la Basilique de Lisieux

Le grand vitrail du transept nord de la Basilique montre, dans sa partie basse, quatre grands symboles empruntés au bestiaire chrétien. Se construisant sur un substrat de culture latine et de légendes antiques, l’Eglise a su utiliser à son profit le langage des symboles imagés : naturellement « parlants » ils étaient faciles à mémoriser et à comprendre par une majorité de gens illettrés à l’époque. Regardons-les en commençant par le centre.

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LE CERF, SYMBOLE DU BAPTÊME

Le cerf est symbole de la soif de l’âme qui attend tout de Dieu : « Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche mon Dieu, mon âme a soif du Dieu vivant » (Ps 41-42). L’observation par les anciens de la chute et de la repousse des bois du cerf, a bien vite donné à l’animal l’image de la renaissance. De plus, la légende affirme que le cerf peut tuer les serpents et que, pour ne pas succomber à leurs morsures, il boit pendant des jours de l’eau claire pour se purifier et être rendu pleinement à la vie. Très vite, le cerf est identifié par les chrétiens au catéchumène, à son aspiration au baptême dont l’eau va le purifier du « venin » du péché.

LE PELICAN, SYMBOLE DE L’EUCHARISTIE

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Cet oiseau se trouve très fréquemment dans les églises, sculpté aux portes des tabernacles ou au devant des autels. Selon la légende le pélican se percerait la poitrine et son sang jaillissant nourrirait ses petits. Quel animal extraordinaire ! Donner sa vie pour ses enfants. « Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jn 15, 13). Le pélican, à l’heure chrétienne, devient symbole de l’Eucharistie, du Corps et du Sang du Christ donnés pour le Salut des hommes.

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L’AIGLE, SYMBOLE DE LA CONTEMPLATION

Un aigle, au plumage d’un rouge lumineux, est représenté regardant le soleil. La tradition antique prétendait que l’aigle pouvait fixer le soleil sans fermer les yeux. Partant de ce constat, l’aigle devint le symbole de celui qui demeure toujours en présence du Seigneur, n’en détournant jamais le regard, et dont l’âme s’élève au-dessus des choses terrestres.

LA POULE, SYMBOLE DE L’AMOUR QUI RASSEMBLE

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Enfin, les deux vitraux des extrémités nous montrent une scène champêtre : une petite poule, blanche, entourée de ses poussins. Loin d’être plus anecdotiques que les précédents animaux, poule et poussins sont premièrement signe de vie nouvelle. Mais surtout, la poule est symbole de maternité, veillant et protégeant ses petits. Elle est capable de couver jusqu’à en oublier de boire et de manger. Elle fait preuve d’une attention constante pour ses poussins et est prête à les défendre jusqu’à la mort, gloussant sans cesse pour leur éviter de se perdre et pour les encourager. Jésus lui-même a parlé de la poule et s’est comparé à elle en s’adressant à Jérusalem : « Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes… » (Mt 23, 37)

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En arrière-plan des vitraux montrant la poule figure un monument : on reconnaît très bien la chapelle du Carmel de Lisieux. Il y aurait donc un lien entre ce vitrail de la poule et la vie de Thérèse au Carmel ? Dimanche 7 juin 1897. Thérèse est malade depuis plus d’un an, elle marche difficilement. Elle est plongée dans l’épreuve de la foi, ne percevant rien de la présence de Dieu : « Le ciel est tellement noir que je ne vois aucune éclaircie » (CJ 27.5.6). Cependant, « parfois, il est vrai, un tout petit rayon de soleil vient illuminer mes ténèbres, alors l’épreuve cesse un instant » (Ms C, 7v°)

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En ce dimanche de juin, elle fait quelques pas avec Sr Agnès de Jésus, sa sœur Pauline, dans le jardin du monastère. Laissons Pauline raconter :

« En descendant les marches, elle vit, à droite, sous le néflier, la petite poule blanche qui avait tous ses poussins sous ses ailes. […] Elle s’arrêta toute pensive à les considérer. Au bout d’un moment, je lui fis signe qu’il était temps de rentrer. Elle avait les yeux pleins de larmes. Je lui dis : « Vous pleurez ! » Alors elle mit sa main devant ses yeux en pleurant davantage et me répondit : « Je ne puis pas vous dire pourquoi en ce moment ; je suis trop émue… » Le soir, dans sa cellule, elle me dit avec une expression céleste : « J’ai pleuré en pensant que le bon Dieu a pris cette comparaison pour nous faire croire à sa tendresse. Toute ma vie, c’est cela qu’il a fait pour moi ! Il m’a entièrement cachée sous ses ailes !… » (CJ 7.6.1).

Alençon

ville natale de sainte Thérèse

Sur les Pas de la Famille MARTIN

La ville (95 km au sud de Lisieux) conserve des hauts-lieux de la vie de la famille Martin :

  • l’église Notre-Dame où Louis et Zélie se sont mariés le 12 juillet 1858.
    Elle conserve également le baptistère où Thérèse fut baptisée le 4 janvier 1873.
  • la maison natale de Thérèse où elle est née le 2 janvier 1873

A l’âge de 26 ans, Zélie Guérin croise Louis Martin sur le pont de Sarthe d’Alençon et a un pressentiment : « C’est celui là que j’ai préparé pour toi ».

Le mariage a lieu quelques mois après leur rencontre, le 12 juillet 1858 à 22 heures à l’hôtel de ville d’Alençon et à minuit à l’église Notre-Dame.

C’est le point de départ de la vie du couple sur un chemin d’humanité et de fraternité qui l’a conduit à la sainteté. La famille Martin rejoint en 1871, la maison de la rue St-Blaise où Louis seconde efficacement son épouse dans son entreprise dentellière.
Ils connaissent un amour sans ombre et ont neuf enfants parmi lesquels le dernier, la petite Thérèse (sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus), qui est, au dire de Pie XI, « la plus grande sainte des temps modernes ».

Née le 2 janvier 1873, à Alençon, Thérèse passe la première année de sa vie dans le village de Semallé, chez une nourrice, Rose taillé, sa santé imposant un départ à la campagne.
Thérèse grandit ensuite à Alençon jusqu’au décès de sa mère.
La famille quitte alors Alençon pour se rapprocher de celle du frère de Zélie, pharmacien à Lisieux.

Maison natale de Sainte Thérèse

La maison est le lieu où l’être humain devient lui-même. Il a besoin d’avoir un chez soi, d’humaniser un espace. Entrer dans une maison, c’est pénétrer dans l’intimité d’un couple et d’une famille, qui nous révèlent une part de leur personnalité, de leur histoire.

Découvrir la Maison

Une scénographie prépare à une rencontre intime et sensible de la famille Martin là où elle vécut de 1871 à 1877. On y retrouve les souvenirs des parents, Zélie et Louis, et des cinq filles : Marie, Pauline, Léonie, Céline et Thérèse. La scénographie mobilise l’attention et tous les sens afin que les instants passés dans ce lieu créent une véritable émotion.
L’intérêt de la visite de la Maison, aujourd’hui, est à la mesure de l’authenticité et de l’intensité de la rencontre, cette famille vivant au 19e siècle avec sa foi chrétienne.

3Cinq espaces pour accueillir3

Le hall d’accueil propose des informations sur l’origine de la famille, son contexte de vie à Alençon, les lieux qu’elle fréquente avec portraits, généalogie, historique de la maison, frise narrative…

Une galerie permet une première approche, plus intime de la famille, au contact d’objets personnels…

Dans l’auditorium, une vidéo illustre des extraits de la correspondance de Zélie, nous fait vivre le quotidien de la famille, avec ses soucis, ses joies, ses peines, ses préoccupations…

La maison : Dans chaque pièce du rez-de-chaussée, meubles et objets sont révélés par la lumière. A l’étage, la chambre des filles, la chambre des parents (chambre natale de Thérèse), ouvrent sur la chapelle.

Cette chapelle construite entre 1925 et 1928, avec sculptures et fresques évoque Sainte Thérèse. Le nouvel autel, le reliquaire du couple des Bienheureux Zélie et Louis Martin sont des créations contemporaines.

Renseignements pratiques
Maison Famille Martin
50 rue St Blaise – 61000 ALENÇON
Tél. : 02 33 26 09 87
Courriel : famillemartin-therese chez diocesedeseez.org
visitez le site internet
Ouverte : 9/12heures – 14/18 heures. (10/12 h -14/17 h de novembre à mars)
Fermée le lundi (hors saison estivale) et du 3 janvier au 3 février.
Ouverture le 9 mai 2009

Eglise Notre-Dame d’Alençon

Située au cœur du secteur piétonnier, l’église Notre-Dame étonne le visiteur par ses proportions, l’élégance de sa nef gothique flamboyante éclairée par 11 verrières Renaissance ainsi que par la finesse des structures de son porche.
Zélie GUÉRIN et Louis MARTIN y célèbrent leur union le 13 juillet 1858.
Deux jours après sa naissance, Thérèse y reçoit dans une chapelle du bas côté nord le baptême, le 4 janvier 1873.

A voir :

  • Le baptistère, ainsi que la robe de baptême de Thérèse, les verrières et la chaire du 16e siècle, l’autel majeur du 18e siècle. Le baptistère
  • Trois verrières dans l’arrière-chœur présentent le couronnement de la Vierge, la bienheureuse Marguerite de Lorraine, duchesse d’Alençon et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Ouvert : 9 h à 18 h 00
Presbytère : Tél. : 02 33 26 20 89
Messes : en semaine à 9 h et à 18 h 30, Samedi à 18 h et Dimanche à 10 h.

La Dentelle au point d’Alençon

Alençon fonde sa renommée sur l’un des arts les plus délicats, aussi exceptionnel que raffiné, celui de la dentelle à l’aiguille.
Crée au 17e siècle, elle atteint une notoriété internationale lors de l’Exposition Universelle de 1851 où elle est qualifiée de « dentelle des reines et reine des dentelles ».
Installé dans l’ancien collège des Jésuites, Le Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle rassemble le patrimoine muséal alençonnais de peintures, de dentelles et d’ethnographie cambodgienne. Ce patrimoine, constitué à partir de 1857, permet en particulier de suivre l’histoire des dentelles à travers la France et l’Europe.
Parmi les pièces exceptionnelles : un bas d’aube aux coqs en point de France.

Quand la famille Guérin s’installe à Alençon en 1844, Zélie a 13 ans. Elle œuvre à l’école des sœurs de l’Adoration. Elle y apprend déjà les rudiments de la réalisation de la dentelle. Elle se perfectionne dans cet art et ouvre sa propre entreprise en 1853, aidée par sa sœur Marie- Louise, 36 rue Saint-Blaise. Elle procure ainsi du travail à des ouvrières à domicile.

La dentelle d'Alençon
De 1854 à 1861, les sœurs de la Providence possèdent la Maison d’Ozé et y tiennent une école pour la fabrication du Point d’Alençon. C’est là, probablement que Zélie fait la connaissance de Fanie Martin, la mère de Louis.
En 1858, quand sa sœur entre à la Visitation du Mans, Zélie travaille pour la maison Pigache de Paris. C’est à cette époque qu’elle reçoit, à La Halle aux Toiles, une médaille pour la qualité de son travail de dentellière.

Après son mariage, à partir de 1863, elle se met à son compte, secondée par Louis qui se rend régulièrement à Paris pour livrer la fabrication et prendre les commandes. Quand Louis vend son horlogerie-bijouterie de la rue du Pont-neuf, en 1870, la famille s’installe 36 rue Saint-Blaise.
Le couple Martin fait travailler de nombreuses ouvrières, Zélie se réservant souvent le travail le plus ingrat.

Musée des Beaux-arts et de la dentelle
Cour Carrée de la Dentelle – 61000 ALENÇON
Tél. : 02.33.32.40.07 – Fax : 02.33.26.51.66
visitez le site

L’abbé Dumaine

L’abbé Lucien-Victor Dumaine (1842–1926), né à Tinchebray, est ordonné prêtre en 1867.

Nommé vicaire à Notre-Dame d’Alençon le 20 juin 1868, il lui est donné à partir de 1871 de connaître et d’apprécier la famille Martin installée désormais rue Saint Blaise. C’est lui qui baptise Thérèse, la petite dernière, le 4 janvier 1873.

Appelé à délivrer une copie de l’acte de ce baptême, il écrit en 1909 : « Je bénis Dieu de m’avoir fait l’honneur d’ouvrir le vestibule du Ciel à la future petite sainte carmélite de Lisieux et je me plais à rendre hommage au milieu profondément chrétien et bon dans lequel elle est née et a grandi ».

PhAbbéDumaineR180Homme cultivé, passionné d’histoire locale, on le voit s’intéresser à la restauration de l’église Notre-Dame d’Alençon et à ses superbes vitraux de la Renaissance.

Rendu attentif à la condition des soldats par la guerre de 1870, il devient aumônier militaire en 1874.

Quatre ans plus tard, il est curé de Tourouvre puis de 1885 à 1890, curé de la paroisse de Montsort d’Alençon. C’est à lui que l’on doit la décoration de la nouvelle église, en particulier les mosaïques qu’il offre de ses deniers. Œuvres du mosaïste italien Facchina (celui qui a travaillé à l’opéra Garnier de Paris), elles illustrent dans la chapelle absidiale quelques aspects du mystère de Marie et de sa dévotion. La mosaïque du chevet représente la remise des clés à l’apôtre Saint Pierre auquel cette église est consacrée.

Le 1° octobre 1890, l’abbé Dumaine est nommé curé archiprêtre de la cathédrale de Sées avant de devenir vicaire général du diocèse de 1899 à 1910, puis chanoine titulaire de la cathédrale.

Il meurt un an après la canonisation de Thérèse en faveur de laquelle il a donné son témoignage lors des procès informatif et apostolique. Dans la chapelle du baptistère Notre-Dame d’Alençon, un vitrail de Louis Barillet le représente en train de baptiser Thérèse (1925).

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La Basilique Notre-Dame d’Alençon dans la vie des Martin

LZdvtBasilAlençR200Zélie est encore scolarisée quand Isidore Guérin, son père, prend sa retraite et vient à Alençon avec sa famille en 1843 habiter la maison de la rue Saint-Blaise à quelques centaines de mètres de l’église Notre Dame.

Elle fréquente donc cette église et y reçoit une part de sa formation chrétienne, jusqu’à son mariage avec Louis Martin. La cérémonie y a lieu le 13 juillet 1858 à minuit. Etait-ce devant le maître-autel ou bien à la chapelle Notre Dame, dans l’arrière chœur, nous ne pouvons le savoir exactement.

Dès lors, les nouveaux époux vont habiter l’horlogerie de Louis située dans la paroisse Saint Pierre de Montsort. Il faut attendre 1871 pour que Louis et Zélie et leurs enfants redeviennent paroissiens de Notre-Dame quand ils emménagent dans la maison de la rue Saint-Blaise.

Ils fréquentent cette église quotidiennement pour la première messe de la journée à 5h30 du matin. Louis participe aussi à l’adoration nocturne du Saint-Sacrement.

Chapelle des Bienheureux Martin, Basilique N-D, Alençon
Chapelle des Bienheureux Martin, Basilique N-D, Alençon

Le baptême de Thérèse

« En ce monde et dans l’autre »…

Si l’on en croit les signatures qui figurent sur l’acte de baptême, ils sont près de dix, famille et amis, à entourer Thérèse en ce samedi 4 janvier 1873, tandis que Zélie, la maman, se remet de la naissance survenue deux jours plus tôt.

Eglise N.-D. d'Alençon : extrait de l'acte de baptême de Thérèse Martin
Eglise N.-D. d’Alençon : extrait de l’acte de baptême de Thérèse Martin

L’abbé Dumaine, vicaire à la paroisse Notre Dame d’Alençon, est là pour les accueillir. Le vitrail de Louis Barillet (1925), au-dessus du baptistère, représente la scène tandis que le rituel du baptême conservé dans les archives de la paroisse nous donne écho de la cérémonie.

Eglise N.-D. d'Alençon : partie du vitrail de L. Barillet
Eglise N.-D. d’Alençon : partie du vitrail de L. Barillet

Après l’accueil et les trois exorcismes accompagnés de l’imposition du sel et du geste de l’Ephata, le rite à la fontaine baptismale se poursuit comme aujourd’hui avec les quatre signes du baptême, de l’onction, de la remise du voile ou mouchoir, en guise de vêtement blanc, et du cierge baptismal.

Eglise N.-D. d'Alençon : fonds baptismaux et robe de baptême de Thérèse Martin
Eglise N.-D. d’Alençon : fonds baptismaux et robe de baptême de Thérèse Martin

Et la célébration s’achève avec la lecture du prologue de l’Evangile de Saint Jean non sans quelques recommandations dont nous aimons entendre la dernière adressée à Paul Albert Boul et à Marie Martin, le parrain et la marraine de l’enfant : « Ainsi l’Eglise vous invite à veiller sur tous les besoins de son corps et de son âme, afin que selon les desseins de Dieu son créateur, elle soit heureuse en ce monde et dans l’autre ».

A une époque où l’on était tenté d’opposer ces deux bonheurs voulus de Dieu, on aime à se rappeler qu’ils étaient aussi, à l’occasion des vœux de la nouvelle année, ceux que Zélie adressait à son frère Isidore : « Si le bon Dieu m’exauce, tu seras le plus heureux des hommes, en ce monde et dans l’autre. » (CF 76)

Si un jour vous avez l’occasion de vous rendre à Alençon, prenez quelques instants pour y visiter sa basilique Notre-Dame , et y voir ces souvenirs de Thérèse ; vous y découvrirez son acte de baptême dans son entièreté. C’est dans cette basilique qu’en 1858 ses parents se sont mariés . Vous pourrez également découvrir la maison de la famille Martin et tous les lieux de sa vie alençonnaise.

Basilique Notre-Dame d’Alençon
Grande rue
61000 Alençon
www.paroissenotredamealencon.fr
pelerinagesfamillemartin chez diocesedeseez.org

Alentours

La Normandie thérésienne

Thérèse Martin est normande depuis Alençon jusqu’à Lisieux et fut amenée, au cours de son enfance et adolescence, à en découvrir et aimer la beauté des paysages.

La campagne

  • Saint-Ouen-Le-Pin (à 9 km de Lisieux) Thérèse va passer ses vacances avec ses cousines à la ferme (lieu privé : ne se visite pas), ancienne propriété de sa tante, Madame Guérin. En juillet-août 1884, elle y vient en convalescence après une coqueluche. Elle y retournera en 1885. Elle loge dans la maison de maître (lieu privé : ne se visite pas) à l’angle de la route de la Roque-Baignard et du chemin qui conduit à l’église du village où Thérèse va à la messe.
  • Ouilly-Le-Vicomte (à 5 km de Lisieux) Monsieur Martin accompagné de Thérèse, s’y rend pour pêcher au bord de la Pâquine, affluent de la Touques.
  • Rocques (à 3,5 km de Lisieux) Monsieur Martin s’y promène avec Thérèse pour pêcher au bord de la Pâquine et pour visiter l’église.
  • Saint-Martin-de-la-Lieue (à 4 km de Lisieux) Avec son vieux Manoir Saint-Hippolyte du 16e siècle, c’est le lieu de pêche où monsieur Martin prit le 8 septembre 1879 une carpe de 2,170 kg.
  • Pont-l’Evêque (à 18 km de Lisieux) Monsieur Martin s’y rend pour pêcher au bord de la Touques. Une excursion mènera Thérèse et ses sœurs Léonie et Céline dans les champs entourant Pont-l’Evêque.

La mer

  • Trouville - Deauville (à 30 km de Lisieux) C’est le 8 août 1878, à l’âge de cinq ans et demi que Thérèse découvre pour la première fois la mer à Trouville où son père l’a emmenée. En 1885, Thérèse fait un séjour à Deauville du 3 au 10 mai au chalet des Roses (lieu privé : ne se visite pas) qu’elle a surnommé le chalet Colombe, situé au 17 quai de la Touques. En 1886, début juillet, elle vient seule à Trouville au chalet des Lilas (lieu privé : ne se visite pas). Elle n’y restera que trois jours, tombant malade parce qu’elle avait « la nostalgie des Buissonnets ». Du 20 au 26 juin 1887, elle retournera à ce même chalet en vacances, au 29 rue de la Cavée.
  • Honfleur (à 35 km de Lisieux) En juin 1887, Thérèse en compagnie de son père et de ses soeurs Léonie et Céline, est venue en cette jolie ville. Elle se rendit en pèlerinage à Notre-Dame de Grâce pour supplier Notre-Dame de lui obtenir la permission d’entrer au Carmel.
  • Le Havre (à 58 km de Lisieux) Avec son père et ses deux soeurs Léonie âgée de 24 ans et Céline de 18 ans, Thérèse débarque sur le grand quai du Havre et se rend à l’Exposition Maritime Internationale de 3000 exposants qui s’étendait tout au long du Bassin du Commerce avec des bateaux de différentes nationalités.

Les villes

  • Bayeux (à 70 km de Lisieux) Le 31 octobre 1887, Thérèse, accompagnée de son père, se rend à Bayeux pour solliciter son entrée au Carmel auprès de l’évêque, Monseigneur Hugonin, qui ne donnera pas son accord.
  • Caen (à 50 km de Lisieux)
    • La Visitation : c’est ici que Léonie vécut sa vie de religieuse sous le nom de Sr Françoise-Thérèse. Aujourd’hui, la crypte abrite la tombe de Léonie. L’actuelle communauté perpétue en ces lieux l’ordre de la visitation.
    • Hôpital Bon Sauveur : Monsieur Martin y séjourna du 12 février 1889 au 10 mai 1992. Aujourd’hui, en ces lieux, il est possible de visiter une chapelle moderne.

Honfleur… et les Martin

Honfleur compte parmi les « lieux thérésiens » comme Mgr Gaucher aime à appeler les lieux que Thérèse Martin a fréquentés de son vivant. Pour qui est en villégiature à Trouville-sur-Mer, Honfleur fait partie des promenades obligées. Nul doute que Thérèse soit venue en famille se promener ici, soit en voiture à cheval, soit par bateau, profitant de l’escale honfleuraise entre Trouville et Le Havre…

ImagThHonfleurEn juillet 1887, Thérèse accompagnée de son père et de ses sœurs Léonie et Céline, vient demander à Notre-Dame de Grâce, en sa chapelle qui domine l’Estuaire de la Seine, la faveur d’entrer au Carmel. Là même où les demoiselles Gosselin dès 1835 demandent à Notre-Dame, la grâce de fonder le carmel de Lisieux !

A la Pentecôte 1887, quelques semaines plus tôt, elle a révélé à son père son désir de devenir religieuse. Le 31 octobre de la même année, elle rencontre Mgr Hugonin, l’évêque de Bayeux puis le dimanche 20 novembre, le Pape Léon XIII à Rome. Finalement, Thérèse entrera au Carmel de Lisieux le 9 avril 1888, à l’âge de quinze ans et trois mois. Notre-Dame de Grâce l’aura exaucée…

Chapelle Notre-Dame de Grâce, Honfleur
Chapelle Notre-Dame de Grâce, Honfleur

Le 31 octobre 1888, alors qu’il veut saluer au Havre le Père Pichon qui prend le bateau pour le Canada, Louis Martin, dans sa maladie psychique, fait une nouvelle crise à Honfleur. De cette ville, Céline écrit sa détresse et livre sa tristesse à ses sœurs carmélites devant une telle situation affligeante : « Oh que papa me fait pitié ! Je vois qu’il souffre beaucoup. Sa pauvre figure est aujourd’hui d’une pâleur mortelle ». Dans sa douleur, Céline trouve refuge et consolation auprès de Notre-Dame de Grâce. Céline notera à la fin de sa vie : « Honfleur, Le Havre, étapes bien douloureuses ! Papa très malade… » (Cf étude P. Pascal Marie à partir de P. Piat, « Céline, sœur et témoin de Ste Thérèse » et CMG Carnets Manuscrits de Sœur Geneviève IV).

Aujourd’hui, les honfleurais demeurent attachés à Sainte Thérèse. Sa statue et ses portraits ornent l’église Sainte-Catherine. Elle y est présente avec ses Bienheureux parents, Louis et Zélie. La dévotion honfleuraise garde en sa mémoire vive, le souvenir heureux du passage des reliques. Thérèse est de chez nous. « Elle est ma payse » comme l’écrit le poète Lucie Delarue-Mardrus au début du XXe siècle. PhVieuxPortHonfleurR500

L’abbé Domin

L’abbé Domin est né le 1er octobre 1843 à Caen. Il fut l’aumônier des Bénédictines de Lisieux, pendant 44 ans, de 1874 à sa mort. Il était chargé non seulement de l’assistance des soeurs mais aussi de l’enseignement religieux des élèves et de la direction de diverses associations pieuses. Il fut le confesseur de Thérèse pendant son séjour à l’abbaye (1881-1886), lui fit le catéchisme et lui prêcha ses deux retraites de communion (1884 et 1885).

C’est ainsi que la petite Thérèse Martin fit avec lui sa première retraite, celle de la préparation à sa première communion en 1884 : « J’écoutais avec beaucoup d’attention les instructions que nous faisait monsieur l’abbé Domin et j’en écrivais même le résumé » (Ms A, 34r)

Voici quelques extraits de ses témoignages aux aux Procès :

Le 7 août 1911

J’ai peu de choses à dire, bien que j’aie eu des rapports assez intimes avec plusieurs membres de la famille Martin, alliée à la mienne. J’ai rencontré l’enfant bien des fois dans des réunions de famille, mais sans que mon attention se soit jamais bien fixée sur elle. Au pensionnat, je ne la voyais guère en dehors du catéchisme ; mais je dois dire qu’elle s’y tenait parfaitement bien, et savait ses leçons admirablement et qu’elle était extrêmement attentive aux explications, ne me quittant pas des yeux pendant mes instructions. Quand je posais une question plus difficile, je disais parfois : ’Demandons cela à l’un de nos docteurs’ ; je désignais ainsi les plus instruites, Thérèse et une de ses compagnes ».

Je pensais, avec beaucoup d’autres personnes, je crois, qu’elle était trop flattée, trop adulée par les membres de sa famille, et surtout par son père, qui semblait ne pas pouvoir se séparer d’elle, et l’appelai sans cesse « ma petite reine ». J’estimais qu’on s’exposait à la rendre vaniteuse et pleine d’elle-même comme tant d’autres jeunes filles. Je me suis laissé dire que ses compagnes de pension n’avaient pas pour elle une bien grande sympathie, pas de liaison affectueuse ; elle n’était que demi-pensionnaire et s’absentait souvent.

Elle était très pleureuse, comme elle le dit elle-même, et comme je l’ai constaté un jour au catéchisme. Elle passait pour suivre assez mal la messe le dimanche ; mais ceci exige une explication. On demande généralement aux enfants de suivre les différents points de la messe en lisant dans leur livre, On le demandait donc à Thérèse comme aux autres ; mais la chère enfant ne le faisait pas. Quand on lui indiquait ce qu’elle devait lire, elle remerciait avec un gracieux sourire, baissait les yeux sur son livre pendant quelques secondes, et bientôt elle relevait la tête comme si elle eût été distraite. Mais non, sans doute, elle n’était pas distraite, elle faisait une prière bien meilleure que celle de ses compagnes, en se livrant à l’oraison contemplative… D’ailleurs, on m’a quelquefois parlé de l’expression de son visage qui, pendant les offices et les cérémonies religieuses, avait quelque chose d’absolument céleste.

Je désire le succès de sa Cause de béatification, parce que l’ensemble des événements qui se passent aujourd’hui me persuade qu’elle est une âme particulièrement bénie de Dieu.

Je crois innombrables les faveurs obtenues par l’intercession de la Servante de Dieu, car j’en entends parler de tous côtés.

J’ai été environ dix ou douze fois prier sur le tombeau de la Servante de Dieu. J’y étais porté par un sentiment de dévotion et de confiance. J’ai pu constater alors que les mêmes sentiments amenaient d’autres pèlerins au tombeau. J’en ai vu de toutes les classes de la société, des prêtres, des religieuses, des séculiers, des militaires. Leur attitude n’était point celle de simples curieux, mais exprimait la piété et la religion.

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16 septembre 1915

Lorsque, en 1887, monsieur Martin, après la mort de sa femme, vint s’établir à Lisieux, il fit une visite à l’Abbaye et présenta ses enfants : c’est la première entrevue que j’ai eue avec la Servante de Dieu.

Je la rencontrai ensuite, plusieurs fois, dans la famille de monsieur Guérin, son oncle, famille avec laquelle j’ai des liens de parenté.

Mais c’est surtout, pendant son séjour à l’Abbaye comme demi-pensionnaire (octobre 1881 à janvier 1886), que j’ai connu la Servante de Dieu. Pendant cette période, j’étais son confesseur et je fus son catéchiste, au moins l’année qui précéda sa première communion et les deux années suivantes. (…) J’ai gardé ce souvenir général qu’elle avait toujours d’excellentes places et d’excellentes notes, quoiqu’elle fût une des plus jeunes, sinon la plus jeune de sa classe.

Comme confesseur , je crois pouvoir dire que la Servante de Dieu ne commettait aucune faute pleinement délibérée. Elle se prépara très consciencieusement à sa première communion. J’ai gardé souvenir d’un mot qu’elle me dit après l’absolution : « Oh ! mon père, croyez-vous que le bon Jésus soit content de moi ?. » Cette parole et surtout le ton avec lequel elle la prononça, attirèrent mon attention sur la délicatesse de son âme et la ferveur de ses dispositions.

Quand elle eut quitté définitivement l’Abbaye, je cessai de la voir.

J’ai assisté au service des funérailles dans la chapelle du Carmel, le 4 octobre 1897. Je n’ai rien remarqué d’extraordinaire dans cette cérémonie.

Depuis la mort de la Servante de Dieu, je professe pour elle une sincère et vive dévotion, basée sur la connaissance que j’ai acquise de ses vertus par la lecture de l’« Histoire d’une âme. »

Je vais faire mes dévotions au tombeau le plus souvent possible. J’ai commencé cette pratique bien avant l’ouverture du premier Procès d’information. Déjà, à cette époque, on y rencontrait des groupes de pèlerins. Depuis lors, ce courant s’est maintenu en s’accroissant de jour en jour. Aujourd’hui, chaque fois que je me rends au tombeau, je constate qu’il y a 8, 10, 15 personnes, quelquefois davantage. Parmi ces pèlerins, il y a souvent des prêtres, et ces pèlerins viennent, non seulement des environs, mais de loin et de très loin, même de l’Océanie. Dès le commencement, on y rencontrait parfois des soldats ; depuis la guerre, il y en a un bien plus grand nombre. Je crois que ces pèlerinages sont le fruit spontané de la dévotion populaire et qu’on n’a rien fait pour les provoquer. Sur la tombe, les pèlerins prient avec un recueillement profond.

Je ne crois pas qu’on ait jamais rien fait pour cacher ce qui pourrait être défavorable à l’opinion de sainteté de la Servante de Dieu. Je ne pense pas non plus qu’on ait créé artificiellement cette réputation ; quant aux moyens pris pour répandre la connaissance de la sainteté, d’ailleurs réelle, de la Servante de Dieu, plusieurs y ont vu quelque exagération : peut-être ont-ils raison ; toutefois j’estime que ces moyens humains, quoi qu’on en pense d’ailleurs, ne peuvent pas expliquer l’universalité de cette dévotion à la Servante de Dieu.

Sources : Ecrits de Thérèse et archives du Carmel de Lisieux

Thérèse et les bénédictines de Lisieux

Thérèse à l’école chez les bénédictines

C’est le 3 octobre 1881 que Thérèse Martin, huit ans et demi, a fait sa première rentrée des classes au pensionnat tenu par les Bénédictines de l’Abbaye Notre-Dame du Pré de Lisieux. Elle y sera demi-pensionnaire jusqu’au début de l’année 1886.

Malgré la sollicitude de son entourage, Thérèse y vécut une période difficile, période dont elle ne connut la guérison qu’à Noël 1886.

Abbaye des bénédictines à Lisieux : façade, cours de récréation, salle de classe
Abbaye des bénédictines à Lisieux : façade, cours de récréation, salle de classe

Brillante élève et d’un caractère solitaire, Thérèse fuyait les jeux collectifs bruyants des récréations et préférait conter des histoires ou contempler la nature. Elle aimait parler avec une sœur converse, Sœur Henriette, à laquelle elle avait demandé « comment une sœur fait oraison ».

C’est dans la chapelle de l’Abbaye que Thérèse fit sa Première Communion, le 8 mai 1884, et y reçut le sacrement de la Confirmation le 14 juin de cette même année.

Mère Saint Léon
Mère Saint Léon

Les bénédictines de Lisieux du temps de Thérèse à aujourd’hui

Quelques jours avant son entrée au Carmel, Thérèse vint faire ses adieux aux bénédictines. Elle était si émue qu’elle n’osa dire à Mère Saint Léon, qui ne se doutait de rien, que c’était une visite d’adieu. Elle se contenta de l’embrasser avec effusion !

Le pensionnat de l’Abbaye ferma en 1904.

Dans la nuit du 6 au 7 juin 1944, Lisieux fut bombardé et le monastère totalement détruit : 20 moniales trouvèrent la mort sous les décombres.

Ce ne fut qu’en 1954 que les moniales revinrent à Lisieux dans le monastère en partie reconstruit. La reconstruction fut achevée en 1963.

Abbaye de Lisieux reconstruite après la guerre
Abbaye de Lisieux reconstruite après la guerre

Depuis 1994, la Communauté est implantée à Valmont et garde, au cœur de son histoire, le souvenir bien vivant de la jeune sainte.

Abbaye des bénédictines aujourd'hui à Valmont
Abbaye des bénédictines aujourd’hui à Valmont

Abbaye Notre-Dame du Pré : http://abbayevalmont.free.fr