Les Buissonnets

Maison familiale de Sainte Thérèse

« L’affaire Pranzini »

Pranzini
Pranzini

Un triple meurtre est commis à Paris, le 17 mars 1887. Régine de Montille, 40 ans, sa femme de chambre Annette Grémeret, 38 ans, et la fille de cette dernière, Marie, âgée de 12 ans ont été égorgées, la plus jeune des victimes étant presque décapitée ! Le 21 mars, Henri Pranzini est arrêté. Cet aventurier français cultivé, âgé de 30 ans, à la vie mouvementée, est reconnu coupable de ce crime crapuleux, et condamné à la peine capitale. Tout le monde, bien sûr, entend parler de « cette affaire » d’autant plus que l’accusé ne manifeste aucun remords et proclame son innocence.

Croix aux Buissonnets devant laquelle Thérèse a prié pour Pranzini
Croix aux Buissonnets devant laquelle Thérèse a prié pour Pranzini

Thérèse, comme tout le monde, pense à ce « grand criminel qui venait d’être condamné à mort pour des crimes horribles ». Depuis la nuit de Noël 1886, Jésus a transformé sa vie : elle a alors senti « la charité entrer dans son cœur ». Elle comprend de plus en plus sa mission : se tenir « en esprit au pied de la Croix », y recueillir la Divine rosée du sang de Jésus pour « ensuite la répandre sur les âmes ».

Henri Pranzini sera le premier bénéficiaire de cette vocation missionnaire naissante… Car Thérèse a conscience de l’extrême danger où se trouve ce pauvre pécheur pour qui Jésus est mort, et qui risque bientôt d’être à jamais privé de la vie avec Dieu : « je voulus à tout prix l’empêcher de tomber en enfer ».

Thérèse priant pour Pranzini aux Buissonnets, aquarelle
Thérèse priant pour Pranzini aux Buissonnets, aquarelle

Pour cela, elle emploie « tous les moyens imaginables », et fait célébrer la Messe pour lui. Sa confiance est absolue : « je dis au Bon Dieu que j’étais bien sûre qu’Il pardonnerait au pauvre malheureux Pranzini, que je le croirais même s’il ne se confessait pas et ne donnait aucune marque de repentir, tant j’avais de confiance en la miséricorde infinie de Jésus, mais que je lui demandais seulement « un signe » de repentir pour ma simple consolation ».

Jésus « qui a soif d’amour » accorde le signe demandé : contre toute attente, juste avant d’être guillotiné, Henri demande à l’aumônier de lui tendre le crucifix qu’il embrasse trois fois. Thérèse lisant le récit dans le journal du 1er septembre, exulte de joie et de reconnaissance ! Henri sera son « premier enfant »…

A chaque messe, nous prions « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». Thérèse, apprends-nous, comme toi, à aimer Jésus et à le faire aimer.

Les Buissonnets

En novembre 1877, peu après le décès de Madame Martin à Alençon, la famille s’installe à Lisieux locataire de cette maison située un peu en dehors de la ville, sur la route de Pont-l’Evêque, dans la ruelle « Chemin du Paradis ». Thérèse y passera onze ans de sa vie jusqu’à son entrée au Carmel.

Louée par Louis Martin, la maison des Buissonnets fut acquise en 1909 par le cousin de Thérèse qui y logea des locataires successifs, certains tout dévoués à la cause de la jeune carmélite. A partir de 1911, la maison devint lieu de pèlerinage. En 1922, elle est acheté par la Société immobilière des pèlerinages. L’accueil y est toujours assuré par des particuliers jusqu’en 1931 où les Buissonnets sont confiés aux Oblates de Sainte-Thérèse.
Les soeurs accueillent les visiteurs, pèlerins et touristes tous les jours.
Les dons des visiteurs permettent l’entretien du jardin et de la maison.

La première impression qui s’empare du pèlerin, quand il entre aux Buissonnets, est une impression de calme. Dans ce cadre paisible, il se représente spontanément une Thérèse heureuse de vivre, entourée de l’affection de son père et de ses quatre sœurs.

Les Buissonnets
Les Buissonnets
Devant la maison

Thérèse explique elle-même, en racontant ses souvenirs d’enfance : « Ce fut avec plaisir que je vins à Lisieux…aux Buissonnets, c’est là que ma vie était véritablement heureuse  » .
Mais n’oublions pas tout de même qu’elle a qualifiée cette partie de sa vie qui va de quatre ans et demi à quatorze ans, comme « la période la plus douloureuse de mon existence ».

C’est, en effet, aux Buissonnets qu’elle a vécu l’entrée au Carmel de ses deux grandes sœurs qui avaient joué auprès d’elle le rôle de seconde maman après la mort de Madame Martin.

Il n’en reste pas moins que cette demeure entourée d’arbres, fut le « doux nid d’enfance » de la petite Thérèse et que la visite des différentes pièces nous permet d’imaginer quelques épisodes de son enfance et de son adolescence :

  • La cheminée de la cuisine qui évoque la grande grâce de Noël 1886, décisive dans son évolution humaine et spirituelle.
  • La salle à manger, témoin du repas de sa première communion et du dernier repas avant son entrée au Carmel.
  • La chambre où elle fut guérie par le sourire de la Vierge le dimanche 13 mai 1883.
  • Enfin dans la dernière pièce sont exposés ses objets familiers : jouets. bijoux, vêtements
  • Quant à la statue du jardin, elle évoque le jour de Pentecôte 1887 où Thérèse demanda à son père la permission d’entrer au Carmel.
    Un pèlerin nous partage sa visite des Buissonnets
  • La maison est fermée
    • le dimanche matin (toute l’année)

Elle reste ouverte aux visiteurs le dimanche après-midi.

  • Les Horaires
  • du lundi de Pâques (16 avril 2017) au 2è dimanche des Fêtes Thérésiennes (8 octobre 2017) :
    • 10h-12h30 / 13h30-18h
  • en octobre à partir de la clôture des Fêtes Thérésiennes ( 9 octobre 2017) :
    • 10h-12h30 / 13h30-17h
  • de novembre à février :
    • 10h-12h / 14h-16h
  • en mars (jusqu’à Pâques inclus) :
    • 10h-12h30 / 13h30-17h
  • Fermeture en matinée :
    • le jeudi 25 mai (Ascension), le 15 août (Assomption) et le 1er novembre (Toussaint) ; ouvert les après-midis)
  • Fermeture annuelle du 19 novembre (16h) au lundi 18 décembre (10h)

Horaires du Sanctuaire

vidéo des buissonnets

visite virtuelle des Buissonnets, maison familiale de sainte Thérèse

Au jardin des Buissonnets…

Thérèse a vécu entourée d’animaux : son cher Tom, bien sûr, l’épagneul fidèle qui faisait la joie de la petite fille des Buissonnets et qui franchit un jour la clôture du Carmel pour sauter dans les bras de sa maîtresse devenue novice, mais aussi des lapins, des poules, des vers à soie, un agneau, une pie…

Pour la deuxième année consécutive, ces animaux ont pris leurs quartiers d’été au détour des plates-bandes du jardin des Buissonnets. On pourra les trouver tour à tour jolis, drôles, kitsch même… ou les trois à la fois, peu importe ! Ils permettent de découvrir des anecdotes méconnues de la vie de Thérèse.

Chaque animal est accompagné d’un panneau où figure un texte de Thérèse ou d’un membre de sa famille. Placés à hauteur d’enfant, ces textes, parfois purement anecdotiques, sont aussi souvent l’occasion de découvrir un message dont toute famille pourra faire son profit !

A découvrir absolument !

P.S. : comme il est désormais d’usage, nous tenons à préciser qu’aucun animal n’est ou ne sera maltraité pendant la saison : ils sont en plâtre !

"Comme les petits oiseaux apprennent à chanter en écoutant leurs parents, de même les enfants apprennent la science des vertus, le chant sublime de l’Amour Divin, auprès des âmes chargées de les former à la vie.

Je me souviens que parmi mes oiseaux, j’avais un serin qui chantait à ravir, j’avais aussi un petit linot auquel je prodiguais des soins « maternels », l’ayant adopté avant qu’il ait pu jouir du bonheur de sa liberté. Ce pauvre petit prisonnier n’avait pas de parents pour lui apprendre à chanter, mais entendant du matin au soir son compagnon le serin faire de joyeuses roulades, il voulut l’imiter… Cette entreprise était difficile pour un linot, aussi sa douce voix eut-elle bien de la peine à s’accorder avec la voix vibrante de son maître en musique. C’était charmant de voir les efforts du pauvre petit, mais ils furent enfin couronnés de succès, car son chant tout en conservant une bien plus grande douceur fut absolument le même que celui du serin.

O ma Mère chérie ! c’est vous qui m’avez appris à chanter… c’est votre voix qui m’a charmée dès l’enfance, et maintenant j’ai la consolation d’entendre dire que je vous ressemble !!! Je sais combien j’en suis encore loin, mais j’espère malgré ma faiblesse redire éternellement le même cantique que vous !…" Thérèse, Manuscrit A 53r°

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La Vierge du Sourire

Sourire de la Vierge en 1883« belle, si belle que jamais je n’avais rien vu de si beau  »
C’est ainsi que Thérèse décrit la statue de la sainte Vierge en mai 1884. Elle est posée sur une commode, près du lit où la petite fille de 11 ans souffre depuis des semaines d’une « étrange maladie » : « Ne trouvant aucun secours sur la terre, la pauvre petite Thérèse s’était aussi tournée vers sa Mère du Ciel, elle la priait de tout son cœur d’avoir enfin pitié d’elle… Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n’avais rien vu de si beau, son visage respirait une bonté et une tendresse ineffable, mais ce qui me pénétra jusqu’au fond de l’âme ce fut le « ravissant sourire de la Ste Vierge ». Alors toutes mes peines s’évanouirent. » Ms A 30v

Et voilà comment cette statue reçut le nom de Vierge du Sourire.

Avant cet épisode raconté par Thérèse, cette statue avait déjà toute une histoire…

Procession de la Vierge du SourireParis, 1734. Le curé de St-Sulpice commande à un jeune sculpteur prometteur, Bouchardon, des statues pour son église, dont une Vierge en argent. Les paroissiens donnent leur argenterie, le prêtre, dit-on, n’accepte les dîners qu’à condition de partir avec les couverts… d’où ce surnom de Notre-Dame de Vieille-Vaisselle donné à la statue. Fondue sous la Révolution avide du précieux métal, elle est remplacée en 1832 par une reproduction plus petite, dont notre « Vierge du Sourire » est une copie en plâtre.

Elle fut offerte au jeune Louis Martin par une vieille dame d’Alençon fort pieuse et confiante de trouver en lui une personne digne d’accueillir un tel présent. Célibataire, Louis la place dans son Pavillon où il se retire pour lire et prier. Après son mariage, la statue devient le centre de la prière familiale. On l’entoure de fleurs pendant le mois de Marie. Souvent Zélie se tourne vers la Sainte Vierge et confie avoir reçu « des faveurs que moi seule connais  ». Aux Buissonnets, la statue conserve une place prépondérante.

La statue « entre au Carmel » apportée par Céline en 1894. Elle est placée à l’entrée de la cellule de Thérèse. On lit en première page de l’Histoire d’une Âme : «  Avant de prendre la plume, je me suis agenouillée devant la statue de Marie, je l’ai suppliée de guider ma main afin que je ne trace pas une seule ligne qui ne lui soit agréable. »

La Vierge du SourireC’est encore sous les yeux de Marie, sous les traits de cette même statue, que Thérèse vivra ses dernières semaines, à l’infirmerie du carmel.

Bientôt je l’entendrai cette douce harmonie
Bientôt dans le beau Ciel, je vais aller te voir
Toi qui vins me sourire au matin de ma vie
Viens me sourire encor… Mère… voici le soir !…

poésie 54 , Pourquoi je t’aime ô Marie

VSourChasseR230La statue se trouve aujourd’hui au Carmel, au dessus du tombeau de Thérèse.

Les étrennes de Noël chez les Martin

Noël !… Temps des cadeaux !… Des jouets pour les enfants !… Chaque année, le rituel des fêtes apporte son lot de présents, d’étrennes,… qui font le bonheur surtout des plus petits.

Ainsi en a-t-il été chez les Martin. Chaque fin d’année voyait arriver la caisse de cadeaux, toujours témoin de la générosité des oncle et tante Guérin de Lisieux qui ne manquaient pas de gâter leurs petites nièces au comble de la joie !

Voici quelques extraits tirés de l’abondante correspondance de Zélie Martin, trésor qui nous livre de nombreux détails sur la vie et l’ambiance au sein de la famille. Ils en sont une bonne illustration et parlent d’eux-mêmes.

13 janvier 1867 - A sa belle-sœur, Mme Guérin

« (…) Je vous remercie beaucoup des jolis cadeaux que vous avez envoyés à mes petites filles. Vous dire le plaisir qu’ils ont causé n’est pas chose facile. A l’ouverture de la malle, c’étaient de tels cris de joie que mon pauvre père en était étourdi. Après les cris de joie sont venues les larmes, elles pleuraient toutes les quatre à laquelle le plus fort. Les petites voulaient ce que les grandes avaient. On a eu bien du mal à faire la paix. Il a fallu que bon papa se fâche et menace de reprendre tous ces beaux jouets, mais elles lui ont dit que ce n’était pas lui qui les donnait, que c’était leur tante et qu’il ne pouvait les ôter. (…) »

12 janvier 1868 – A sa belle-sœur

SteThDinetteBuissR250« J’ai reçu votre lettre ainsi que la caisse renfermant les étrennes des enfants.(…) Quand j’ai vu déballer tout cela, il y en avait quatre qui… riaient bien fort… Aujourd’hui, nous avons eu fort à faire avec toutes ces belles choses ; il y a eu exposition des jeux et une dînette complète pour étrenner le joli ménage en porcelaine ; cela a duré près de deux heures. Les enfants n’ont jamais eu autant de plaisir, Pauline disait ce soir : « Oh ! que c’est dommage que la journée soit finie, je voudrais être encore à ce matin ! »(…) »

17 janvier 1871 – A sa belle-sœur

SteThPoupéeBuissR230 "(…) Je vous remercie mille fois des belles étrennes que vous avez envoyées aux enfants, c’est beaucoup trop pour cette année si malheureuse. La petite Céline a été émerveillée de sa poupée et de sa boîte. Cela s’est parfaitement trouvé car elle était bien souffrante avec des rougeurs par tout le corps et une fièvre terrible depuis quatre jours. (…) Marie et Pauline ont colorié des images toute la journée et se sont passablement disputées pour cette fameuse boîte de peinture ; l’une disait : « C’est à moi. » L’autre répondait : « C’est à moi aussi, ma tante a dit que je m’en serve. » Mais Pauline qui est si vive perdait les pinceaux, mettait trop de couleurs ; pour en finir, j’ai ramassé la boîte jusqu’à nouvel ordre. (…) »

28 décembre 1871 – A son frère

"J’ai reçu hier, la caisse contenant les étrennes, je ne puis te dire que j’ai été contente, parce que je mentirais. J’ai trouvé que tu avais dépensé au moins la moitié plus qu’il ne le fallait (…) Cependant Léonie était comme folle de joie, elle en tremblait. La petite Céline ouvrait de grands yeux. Elle était tout interdite, et est restée ainsi, longtemps, stupéfaite, serrant son lapin dans ses bras. Quand on lui a dit que c’était sa marraine qui lui envoyait cela, ainsi que la belle robe, elle a repris d’un ton de regret : « La connais pas, moi, ma marraine… Elle est mignonne, dis ? » (…) »

24 décembre 1874 – A sa belle-sœur

« J’ai reçu hier la caisse contenant toutes les belles et bonnes choses que vous m’annonciez.(…) Vous avez toujours rendu Thérèse et Céline bien heureuses. Quand le père a déballé les jouets, j’aurais voulu que vous voyiez surtout Thérèse ! On lui avait dit : « Il y a de beaux jouets là-dedans, que la tante de Lisieux envoie. » Elle battait des mains. J’appuyais sur la caisse pour aider mon mari à la défaire, elle jetait des petits cris angoissés en me disant : « Maman, tu vas casser mes beaux jouets ! » Elle me tirait par ma robe pour me faire cesser. Mais quand elle a vu sa jolie petite maison, elle est restée muette un moment, c’est une enfant qui se frappe vivement. Céline a été aussi enchantée ; elle s’amusera beaucoup avec son jeu de cubes, mais elle n’est pas contente que sa petite sœur lui abîme ses jouets, ce qui l’oblige à les ramasser. Elle a un soin de ses affaires comme on le voit chez peu d’enfants, et elle préfère ne pas s’en servir que de les exposer à être brisés. Léonie est aussi fort satisfaite de son chapelet, qui est très beau. Puisque vous vouliez donner des étrennes à Marie et à Pauline, vous ne pouviez mieux choisir pour leur faire plaisir, car combien de fois ne m’ont-elles pas dit qu’elles désiraient un sac de voyage, que toutes leurs compagnes en avaient, exceptés elles. Je les laissais dire, car je n’achète que les choses nécessaires, et comme elles pouvaient s’en passer, je ne jugeais pas à propos de les contenter ; mais je vois ici leur bonheur.(…) »

5 décembre 1875 – A sa fille Pauline

SteThJeudeCubesBuissR250« (…)Voilà Céline qui s’amuse avec la petite au jeu de cubes, elle et Thérèse se disputent de temps en temps. Céline cède pour avoir une perle à sa couronne. Je suis obligée de corriger ce pauvre bébé, qui se met dans des furies épouvantables quand les choses ne vont pas à son idée, elle se roule par terre comme une désespérée croyant que tout est perdu, il y a des moments où c’est plus fort qu’elle, elle en est suffoquée. C’est une enfant bien nerveuse, elle est cependant bien mignonne et très intelligente, elle se rappelle tout. »

9 janvier 1876 – A sa belle-sœur

« Je suis sûre que vous n’êtes pas contente de moi ; je suis restée trop longtemps sans vous remercier de belles étrennes que vous avez envoyées, et qui ont été accueillies par de tels cris de joie, que j’en ai pris ma tête à deux mains et en ai souffert jusqu’au soir. Avec cela, des ouvrières m’attendaient ; vous n’avez pas idée de ce tumulte ! Il n’y avait que Marie à ne pas faire de bruit ; c’est la seule raisonnable. Elle était ravie de son petit coffret, qu’elle a mis en parade dans sa chambre, avec tout ce qu’elle a de bijoux. Pauline faisait un tapage d’enfer avec sa belle papeterie et dansait de joie à en démolir le plancher. Léonie ne faisait pas grand éclat ; elle s’amusait à tourner et retourner son sac, paraissant très satisfaite de son lot. Céline trépignait de bonheur devant son « nécessaire ». Et Thérèse ! Il fallait la voir !… Sa fortune était faite ! elle ne désirait plus rien en ce monde. Elle s’amuse constamment avec sa jolie voiture. Enfin, je vous remercie sincèrement et je voudrais pouvoir aussi vous faire plaisir.(…) »

Tom, le toutou de Thérèse

NicheTomBuissonnetsR130Thérèse aime les animaux, la nature comme aujourd’hui en témoigne aux visiteurs, le jardin des Buissonnets. Elle élève des oiseaux dans sa chambre et dans un coin du jardin, des poules et des lapins.

TomRecR150L’année de sa première communion, Thérèse demande à son père de lui acheter un chien. Tom, un bel épagneul, arrive aux Buissonnets le 26 juin 1884, date que Thérèse note avec soin sur son petit carnet.

Thérèse est si contente que le premier jour elle s’installe sur une chaise, en face de sa niche. Tantôt elle contemple tantôt elle apprend devant lui ses leçons. Pour sûr, Thérèse passe des heures à le dresser et à le promener.

Un jour, Thérèse le sauve d’une maladie : « Ma chère petite Léonie, (…) je me rappelle très bien l’histoire de Tom, je le vois encore couché mourant dans la buanderie et Thérèse lui donnant du bifteck en sauce par bouchées cachant un peu de pain sous la viande comme on ferait à un enfant malade. Je n’avais pas pensé à regarder ce fait comme extraordinaire c’est pourtant vrai que c’est elle qui l’a échappé de la mort. » Lettre de Soeur Geneviève de la Sainte Face, 24 octobre 1911

Tom fait désormais partie intégrante du décor aux Buissonnets et du cadre de vie familial si bien que Thérèse écrit le 15 octobre 1885 à son père : « Voilà déjà trois semaines que tu nous as quittées. Trois c’est bien long pour ta petite fille quand elle est séparée de toi.(…) Nous désirons toutes que tu reviennes le plus tôt possible, je suis sûre que Tom est de mon avis car il s’ennuie de ton absence et je suis sûre qu’à ton arrivée il se prépare à remuer de la queue à la manière du chien de Tobie et à te fêter avec des bonds joyeux.(…) »

A son entrée au Carmel, Thérèse raconte : « Le matin de ce grand jour, après avoir jeté un dernier regard sur les Buissonnets, ce nid de mon enfance… » Sans doute, Tom a dû faire partie de ce dernier regard de Thérèse qui lui aura certainement prodigué une dernière fois toute sa tendresse.

L’album photos témoigne du bonheur paisible de Tom au sein de la famille.

TomenFamille copier

Après l’entrée de Thérèse au Carmel, le chien est amené une fois au parloir du Carmel, où il bondit sur la grille pour essayer de rejoindre sa petite maîtresse.

Enfin, il y a cet épisode en octobre 1889, où l’on raconte qu’au moment du transfert des meubles des Buissonnets au Carmel en vue de la résiliation toute proche du bail, Tom qui suit le convoi, reconnaît sa maîtresse et court jusqu’à elle pour se blottir sous son voile, ne contenant plus sa joie. Alors un flot de souvenirs envahit le cœur de Thérèse et des larmes brillent dans ses yeux tant son émotion est grande !

D’ailleurs, elle n’est pas la seule… Soeur Marie du Sacré-Cœur fait également part de sa vive émotion dans une lettre à Céline en octobre 1889 : « Ma petite Céline, C’est sans doute pour ta fête que le bon Dieu te fait dépeupler ainsi les Buissonnets… (…) O petite chérie, quand j’ai vu ce déménagement, c’est vieux restes des Buissonnets qui me rappelaient mille souvenirs et le pauvre Tom suivant derrière les voitures, je n’ai pu m’empêcher de pleurer.(…) » Tom Céline copier

Personne ne sait ce qu’est devenu Tom… Combien de temps est-il resté chez les Guérin, après la mort de Monsieur Martin et l’entrée de Céline au Carmel, le 14 septembre 1894.

Toujours est-il que la fidélité attachante de Tom ou de tout chien envers son maître, en fait indéniablement une belle création du bon Dieu !

Laurence Fafchamps
Je dédie cet article à Monseigneur Guy Gaucher, à toutes les Soeurs Oblates que j’ai connues aux Buissonnets, ainsi qu’aux Pères Missionnaires de la Plaine de cette même époque.

Travaux aux Buissonnets

Pendant le mois de fermeture des Buissonnets, des travaux ont été effectués en vue d’améliorer l’accueil des pèlerins :

A l’arrière

Création d’un plan incliné pour accéder aux chambres.

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Au rez-de-chaussée et à l’étage

Remplacement des vitres pour améliorer la visibilité de la salle à manger et de la chambre de Monsieur Martin.

BuissonnetsTravNov14BbR150

Egalement

  • réfection de deux plafonds dans les chambres
  • et installation d’un radiateur moins large dans le couloir entre les chambres pour permettre le passage des personnes en fauteuil roulant.

Un pèlerin nous partage sa visite des Buissonnets

entrée Buissonnets150 Buissonnets150
Nous nous invitons chez Sainte Thérèse, dans la maison de son enfance. Une petite maison pleine de charme.

En essuyant nos pieds sur le paillasson préparons nous à montrer les pattes blanches de l’amour et du respect pour entrer dans la demeure de cette petite fille qui nous a confié jusqu’à l’histoire de son âme.
Curieux, s’abstenir. Ce n’est pas une visite de musée. Ce n’est qu’avec son cœur qu’on peut se retrouver là, dans une telle intimité avec la Sainte. La découverte de cette petite maison est édifiante, tellement émouvante.
Sainte Thérèse a vécu là, a monté le petit escalier qui mène à sa chambre, eu la révélation et la détermination de sa foi. Elle y a eu le sourire de la Sainte Vierge qui l’a guérie instantanément. photo vierge du sourire Buissonnet300

De la fenêtre de la chambre de Sainte Thérèse, on l’aperçoit et on la perçoit, cette belle campagne profonde dont les vagues verdoyantes font oublier sans regrets celles de la mer, non loin de là pourtant. Dans cet océan de verdure se détachent des clochers, déjà sans doute une invitation, presque un ordre, que la Petite Thérèse reçoit chaque fois qu’elle s’attarde sur le paysage. Et l’ordre, elle y répondra, le vivra, obéissante jusqu’au don total de soi, en entrant dans celui des Carmélites.

C’est toute la personnalité de la Petite Thérèse qui se dégage de cette maison : humble et forte, petite et si grande à la fois, les pièces en effet paraissent si petites pour avoir contenu l’immensité du si grand destin de cette petite fille.

Crèche de Thérèse
Et comment ne pas s’attendrir devant la petite crèche qu’elle a elle-même confectionnée, dans le fond d’un jardin qui a été l’ami, le confident qui l’a vue jouer et penser.

Catherine P.