Alentours

La Normandie thérésienne

Thérèse Martin est normande depuis Alençon jusqu’à Lisieux et fut amenée, au cours de son enfance et adolescence, à en découvrir et aimer la beauté des paysages.

La campagne

  • Saint-Ouen-Le-Pin (à 9 km de Lisieux) Thérèse va passer ses vacances avec ses cousines à la ferme (lieu privé : ne se visite pas), ancienne propriété de sa tante, Madame Guérin. En juillet-août 1884, elle y vient en convalescence après une coqueluche. Elle y retournera en 1885. Elle loge dans la maison de maître (lieu privé : ne se visite pas) à l’angle de la route de la Roque-Baignard et du chemin qui conduit à l’église du village où Thérèse va à la messe.
  • Ouilly-Le-Vicomte (à 5 km de Lisieux) Monsieur Martin accompagné de Thérèse, s’y rend pour pêcher au bord de la Pâquine, affluent de la Touques.
  • Rocques (à 3,5 km de Lisieux) Monsieur Martin s’y promène avec Thérèse pour pêcher au bord de la Pâquine et pour visiter l’église.
  • Saint-Martin-de-la-Lieue (à 4 km de Lisieux) Avec son vieux Manoir Saint-Hippolyte du 16e siècle, c’est le lieu de pêche où monsieur Martin prit le 8 septembre 1879 une carpe de 2,170 kg.
  • Pont-l’Evêque (à 18 km de Lisieux) Monsieur Martin s’y rend pour pêcher au bord de la Touques. Une excursion mènera Thérèse et ses sœurs Léonie et Céline dans les champs entourant Pont-l’Evêque.

La mer

  • Trouville - Deauville (à 30 km de Lisieux) C’est le 8 août 1878, à l’âge de cinq ans et demi que Thérèse découvre pour la première fois la mer à Trouville où son père l’a emmenée. En 1885, Thérèse fait un séjour à Deauville du 3 au 10 mai au chalet des Roses (lieu privé : ne se visite pas) qu’elle a surnommé le chalet Colombe, situé au 17 quai de la Touques. En 1886, début juillet, elle vient seule à Trouville au chalet des Lilas (lieu privé : ne se visite pas). Elle n’y restera que trois jours, tombant malade parce qu’elle avait « la nostalgie des Buissonnets ». Du 20 au 26 juin 1887, elle retournera à ce même chalet en vacances, au 29 rue de la Cavée.
  • Honfleur (à 35 km de Lisieux) En juin 1887, Thérèse en compagnie de son père et de ses soeurs Léonie et Céline, est venue en cette jolie ville. Elle se rendit en pèlerinage à Notre-Dame de Grâce pour supplier Notre-Dame de lui obtenir la permission d’entrer au Carmel.
  • Le Havre (à 58 km de Lisieux) Avec son père et ses deux soeurs Léonie âgée de 24 ans et Céline de 18 ans, Thérèse débarque sur le grand quai du Havre et se rend à l’Exposition Maritime Internationale de 3000 exposants qui s’étendait tout au long du Bassin du Commerce avec des bateaux de différentes nationalités.

Les villes

  • Bayeux (à 70 km de Lisieux) Le 31 octobre 1887, Thérèse, accompagnée de son père, se rend à Bayeux pour solliciter son entrée au Carmel auprès de l’évêque, Monseigneur Hugonin, qui ne donnera pas son accord.
  • Caen (à 50 km de Lisieux)
    • La Visitation : c’est ici que Léonie vécut sa vie de religieuse sous le nom de Sr Françoise-Thérèse. Aujourd’hui, la crypte abrite la tombe de Léonie. L’actuelle communauté perpétue en ces lieux l’ordre de la visitation.
    • Hôpital Bon Sauveur : Monsieur Martin y séjourna du 12 février 1889 au 10 mai 1992. Aujourd’hui, en ces lieux, il est possible de visiter une chapelle moderne.

Honfleur… et les Martin

Honfleur compte parmi les « lieux thérésiens » comme Mgr Gaucher aime à appeler les lieux que Thérèse Martin a fréquentés de son vivant. Pour qui est en villégiature à Trouville-sur-Mer, Honfleur fait partie des promenades obligées. Nul doute que Thérèse soit venue en famille se promener ici, soit en voiture à cheval, soit par bateau, profitant de l’escale honfleuraise entre Trouville et Le Havre…

ImagThHonfleurEn juillet 1887, Thérèse accompagnée de son père et de ses sœurs Léonie et Céline, vient demander à Notre-Dame de Grâce, en sa chapelle qui domine l’Estuaire de la Seine, la faveur d’entrer au Carmel. Là même où les demoiselles Gosselin dès 1835 demandent à Notre-Dame, la grâce de fonder le carmel de Lisieux !

A la Pentecôte 1887, quelques semaines plus tôt, elle a révélé à son père son désir de devenir religieuse. Le 31 octobre de la même année, elle rencontre Mgr Hugonin, l’évêque de Bayeux puis le dimanche 20 novembre, le Pape Léon XIII à Rome. Finalement, Thérèse entrera au Carmel de Lisieux le 9 avril 1888, à l’âge de quinze ans et trois mois. Notre-Dame de Grâce l’aura exaucée…

Chapelle Notre-Dame de Grâce, Honfleur
Chapelle Notre-Dame de Grâce, Honfleur

Le 31 octobre 1888, alors qu’il veut saluer au Havre le Père Pichon qui prend le bateau pour le Canada, Louis Martin, dans sa maladie psychique, fait une nouvelle crise à Honfleur. De cette ville, Céline écrit sa détresse et livre sa tristesse à ses sœurs carmélites devant une telle situation affligeante : « Oh que papa me fait pitié ! Je vois qu’il souffre beaucoup. Sa pauvre figure est aujourd’hui d’une pâleur mortelle ». Dans sa douleur, Céline trouve refuge et consolation auprès de Notre-Dame de Grâce. Céline notera à la fin de sa vie : « Honfleur, Le Havre, étapes bien douloureuses ! Papa très malade… » (Cf étude P. Pascal Marie à partir de P. Piat, « Céline, sœur et témoin de Ste Thérèse » et CMG Carnets Manuscrits de Sœur Geneviève IV).

Aujourd’hui, les honfleurais demeurent attachés à Sainte Thérèse. Sa statue et ses portraits ornent l’église Sainte-Catherine. Elle y est présente avec ses Bienheureux parents, Louis et Zélie. La dévotion honfleuraise garde en sa mémoire vive, le souvenir heureux du passage des reliques. Thérèse est de chez nous. « Elle est ma payse » comme l’écrit le poète Lucie Delarue-Mardrus au début du XXe siècle. PhVieuxPortHonfleurR500

L’abbé Domin

L’abbé Domin est né le 1er octobre 1843 à Caen. Il fut l’aumônier des Bénédictines de Lisieux, pendant 44 ans, de 1874 à sa mort. Il était chargé non seulement de l’assistance des soeurs mais aussi de l’enseignement religieux des élèves et de la direction de diverses associations pieuses. Il fut le confesseur de Thérèse pendant son séjour à l’abbaye (1881-1886), lui fit le catéchisme et lui prêcha ses deux retraites de communion (1884 et 1885).

C’est ainsi que la petite Thérèse Martin fit avec lui sa première retraite, celle de la préparation à sa première communion en 1884 : « J’écoutais avec beaucoup d’attention les instructions que nous faisait monsieur l’abbé Domin et j’en écrivais même le résumé » (Ms A, 34r)

Voici quelques extraits de ses témoignages aux aux Procès :

Le 7 août 1911

J’ai peu de choses à dire, bien que j’aie eu des rapports assez intimes avec plusieurs membres de la famille Martin, alliée à la mienne. J’ai rencontré l’enfant bien des fois dans des réunions de famille, mais sans que mon attention se soit jamais bien fixée sur elle. Au pensionnat, je ne la voyais guère en dehors du catéchisme ; mais je dois dire qu’elle s’y tenait parfaitement bien, et savait ses leçons admirablement et qu’elle était extrêmement attentive aux explications, ne me quittant pas des yeux pendant mes instructions. Quand je posais une question plus difficile, je disais parfois : ’Demandons cela à l’un de nos docteurs’ ; je désignais ainsi les plus instruites, Thérèse et une de ses compagnes ».

Je pensais, avec beaucoup d’autres personnes, je crois, qu’elle était trop flattée, trop adulée par les membres de sa famille, et surtout par son père, qui semblait ne pas pouvoir se séparer d’elle, et l’appelai sans cesse « ma petite reine ». J’estimais qu’on s’exposait à la rendre vaniteuse et pleine d’elle-même comme tant d’autres jeunes filles. Je me suis laissé dire que ses compagnes de pension n’avaient pas pour elle une bien grande sympathie, pas de liaison affectueuse ; elle n’était que demi-pensionnaire et s’absentait souvent.

Elle était très pleureuse, comme elle le dit elle-même, et comme je l’ai constaté un jour au catéchisme. Elle passait pour suivre assez mal la messe le dimanche ; mais ceci exige une explication. On demande généralement aux enfants de suivre les différents points de la messe en lisant dans leur livre, On le demandait donc à Thérèse comme aux autres ; mais la chère enfant ne le faisait pas. Quand on lui indiquait ce qu’elle devait lire, elle remerciait avec un gracieux sourire, baissait les yeux sur son livre pendant quelques secondes, et bientôt elle relevait la tête comme si elle eût été distraite. Mais non, sans doute, elle n’était pas distraite, elle faisait une prière bien meilleure que celle de ses compagnes, en se livrant à l’oraison contemplative… D’ailleurs, on m’a quelquefois parlé de l’expression de son visage qui, pendant les offices et les cérémonies religieuses, avait quelque chose d’absolument céleste.

Je désire le succès de sa Cause de béatification, parce que l’ensemble des événements qui se passent aujourd’hui me persuade qu’elle est une âme particulièrement bénie de Dieu.

Je crois innombrables les faveurs obtenues par l’intercession de la Servante de Dieu, car j’en entends parler de tous côtés.

J’ai été environ dix ou douze fois prier sur le tombeau de la Servante de Dieu. J’y étais porté par un sentiment de dévotion et de confiance. J’ai pu constater alors que les mêmes sentiments amenaient d’autres pèlerins au tombeau. J’en ai vu de toutes les classes de la société, des prêtres, des religieuses, des séculiers, des militaires. Leur attitude n’était point celle de simples curieux, mais exprimait la piété et la religion.

PhAbbéDominR300

16 septembre 1915

Lorsque, en 1887, monsieur Martin, après la mort de sa femme, vint s’établir à Lisieux, il fit une visite à l’Abbaye et présenta ses enfants : c’est la première entrevue que j’ai eue avec la Servante de Dieu.

Je la rencontrai ensuite, plusieurs fois, dans la famille de monsieur Guérin, son oncle, famille avec laquelle j’ai des liens de parenté.

Mais c’est surtout, pendant son séjour à l’Abbaye comme demi-pensionnaire (octobre 1881 à janvier 1886), que j’ai connu la Servante de Dieu. Pendant cette période, j’étais son confesseur et je fus son catéchiste, au moins l’année qui précéda sa première communion et les deux années suivantes. (…) J’ai gardé ce souvenir général qu’elle avait toujours d’excellentes places et d’excellentes notes, quoiqu’elle fût une des plus jeunes, sinon la plus jeune de sa classe.

Comme confesseur , je crois pouvoir dire que la Servante de Dieu ne commettait aucune faute pleinement délibérée. Elle se prépara très consciencieusement à sa première communion. J’ai gardé souvenir d’un mot qu’elle me dit après l’absolution : « Oh ! mon père, croyez-vous que le bon Jésus soit content de moi ?. » Cette parole et surtout le ton avec lequel elle la prononça, attirèrent mon attention sur la délicatesse de son âme et la ferveur de ses dispositions.

Quand elle eut quitté définitivement l’Abbaye, je cessai de la voir.

J’ai assisté au service des funérailles dans la chapelle du Carmel, le 4 octobre 1897. Je n’ai rien remarqué d’extraordinaire dans cette cérémonie.

Depuis la mort de la Servante de Dieu, je professe pour elle une sincère et vive dévotion, basée sur la connaissance que j’ai acquise de ses vertus par la lecture de l’« Histoire d’une âme. »

Je vais faire mes dévotions au tombeau le plus souvent possible. J’ai commencé cette pratique bien avant l’ouverture du premier Procès d’information. Déjà, à cette époque, on y rencontrait des groupes de pèlerins. Depuis lors, ce courant s’est maintenu en s’accroissant de jour en jour. Aujourd’hui, chaque fois que je me rends au tombeau, je constate qu’il y a 8, 10, 15 personnes, quelquefois davantage. Parmi ces pèlerins, il y a souvent des prêtres, et ces pèlerins viennent, non seulement des environs, mais de loin et de très loin, même de l’Océanie. Dès le commencement, on y rencontrait parfois des soldats ; depuis la guerre, il y en a un bien plus grand nombre. Je crois que ces pèlerinages sont le fruit spontané de la dévotion populaire et qu’on n’a rien fait pour les provoquer. Sur la tombe, les pèlerins prient avec un recueillement profond.

Je ne crois pas qu’on ait jamais rien fait pour cacher ce qui pourrait être défavorable à l’opinion de sainteté de la Servante de Dieu. Je ne pense pas non plus qu’on ait créé artificiellement cette réputation ; quant aux moyens pris pour répandre la connaissance de la sainteté, d’ailleurs réelle, de la Servante de Dieu, plusieurs y ont vu quelque exagération : peut-être ont-ils raison ; toutefois j’estime que ces moyens humains, quoi qu’on en pense d’ailleurs, ne peuvent pas expliquer l’universalité de cette dévotion à la Servante de Dieu.

Sources : Ecrits de Thérèse et archives du Carmel de Lisieux

Thérèse et les bénédictines de Lisieux

Thérèse à l’école chez les bénédictines

C’est le 3 octobre 1881 que Thérèse Martin, huit ans et demi, a fait sa première rentrée des classes au pensionnat tenu par les Bénédictines de l’Abbaye Notre-Dame du Pré de Lisieux. Elle y sera demi-pensionnaire jusqu’au début de l’année 1886.

Malgré la sollicitude de son entourage, Thérèse y vécut une période difficile, période dont elle ne connut la guérison qu’à Noël 1886.

Abbaye des bénédictines à Lisieux : façade, cours de récréation, salle de classe
Abbaye des bénédictines à Lisieux : façade, cours de récréation, salle de classe

Brillante élève et d’un caractère solitaire, Thérèse fuyait les jeux collectifs bruyants des récréations et préférait conter des histoires ou contempler la nature. Elle aimait parler avec une sœur converse, Sœur Henriette, à laquelle elle avait demandé « comment une sœur fait oraison ».

C’est dans la chapelle de l’Abbaye que Thérèse fit sa Première Communion, le 8 mai 1884, et y reçut le sacrement de la Confirmation le 14 juin de cette même année.

Mère Saint Léon
Mère Saint Léon

Les bénédictines de Lisieux du temps de Thérèse à aujourd’hui

Quelques jours avant son entrée au Carmel, Thérèse vint faire ses adieux aux bénédictines. Elle était si émue qu’elle n’osa dire à Mère Saint Léon, qui ne se doutait de rien, que c’était une visite d’adieu. Elle se contenta de l’embrasser avec effusion !

Le pensionnat de l’Abbaye ferma en 1904.

Dans la nuit du 6 au 7 juin 1944, Lisieux fut bombardé et le monastère totalement détruit : 20 moniales trouvèrent la mort sous les décombres.

Ce ne fut qu’en 1954 que les moniales revinrent à Lisieux dans le monastère en partie reconstruit. La reconstruction fut achevée en 1963.

Abbaye de Lisieux reconstruite après la guerre
Abbaye de Lisieux reconstruite après la guerre

Depuis 1994, la Communauté est implantée à Valmont et garde, au cœur de son histoire, le souvenir bien vivant de la jeune sainte.

Abbaye des bénédictines aujourd'hui à Valmont
Abbaye des bénédictines aujourd’hui à Valmont

Abbaye Notre-Dame du Pré : http://abbayevalmont.free.fr